chronique de CD

Vladimir Torres « Music for a Locked in Double Bass »

La contrebasse a longtemps été la « grand-mère » rythmique qui accompagne ses petits-enfants solistes. Au fil du temps, elle a su s’émanciper de cette image d’Épinal. C’est au tour de  Vladimir Torres de se livrer à l’exercice de l’album solo.

Le titre de l’album ne laisse aucun doute sur les circonstances qui ont entouré sa conception et son enregistrement. Non essentielle, privée de rencontres et de concerts, la contrebasse du Franc-Comtois ne pouvait pas rester dans sa housse. En route pour un voyage en Contrebassie…

Eleanor Rigby de Lennon & McCartney plante le décor : l’instrument peut tout à fait assumer rythme et mélodie tout en osant les digressions de l’improvisation. Composition personnelle, Contrarriba* démontre l’agilité et la fluidité du musicien sur ses quatre cordes. Le maître Charles Mingus est honoré avec l’incontournable Goodbye Pork Pie Hat  avant que Human Nature  de Steve Porcaro nous emmène vers les plages plus groove du « King of pop ». L’original Inter HQ est une courte et délicate transition vers le monument historique qu’est Amazing Grace de William Walker joué avec respect et inspiration. Quatre-vingt dix secondes intenses suffisent à résumer L’hymne à l’amour de Marguerite Monnot.

Les Beatles nous reviennent avec l’un des thèmes fétiches de Vladimir : Blackbird* et son rythme     sans cesse en mouvement. Un Aňo Sin Verte reflète sans nul doute l’absence d’un être cher avec une tonicité qui maintient l’espoir du retour. Le thème de Stevie Wonder If it’s Magic vibre avec bonheur et vélocité. Lonely Woman d’Ornette Coleman ramène l’auditeur dans un bain de jazz de la meilleure espèce. Bass, courte et sautillante composition originale, en précède une autre : James, plus long et complexe. En conclusion, Billie Jean nous ramène au groove imparable Michael Jackson ! C’est d’ailleurs le seul titre qui use, sans en abuser, de la programmation…

Vladimir Torres a su éviter bien des écueils pour aller à l’essentiel en faisant confiance à son  instrument et à la connaissance qu’il en a. Le son est d’une rondeur des plus agréables sans affèteries ni effets inutiles. Prise de son et mixage relèvent de la belle ouvrage, tout comme le visuel de la pochette qui offre un beau camaïeu chaleureux au bois de la contrebasse. 

Sorti le 8 octobre sur le label « L’horizon violet », distribution « Absilone ».                  

 

(*déjà présente sur l’album Inicial)

Ont collaboré à cette chronique :

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