(26) DrômePoët Laval Jazz

17/07/2021 – Bismut-Minardi quartet au Poët Laval Jazz/s Festival

Gabriel Bismut et son violon, Maurizio Minardi et son accordéon assument pleinement l’influence du cinéma italien des années 40 à 70 pour ce projet. D’entrée de jeu, Marcello est présenté comme un hommage à Marcello Mastroianni et au style de Nino Rota qui a marqué de son sceau plus de cent cinquante films et dont les musiques sont réputées constituer l’un des éléments les plus marquants de ces films. Rien d’étonnant à ce que cette première composition de Maurizio Minardi nous plonge instantanément dans les ambiances graphiques et émotionnelles du cinéma italien de cette époque, mêlant la joie de vivre exubérante et insouciante à une certaine pudeur teintée de mélancolie. La mélodie est élégante et se pose à l’accordéon sur le velours des cordes. Ça y est, nous y sommes. La première période de « La vie est belle » est à deux pas.

Les compositions de l’un et de l’autre se succèdent dans le même esprit, inspirées des événements de la vie quotidienne ou de souvenirs plus anciens : Endurance et son avant-propos en duo entre Barthélémy Seyer à la guitare, dont chaque chorus est un travail d’orfèvre, et Tristan Loriaut à la contrebasse, Fleur du hasard, songe romantique comme une balade au clair de lune sur les rives du lac de Garde. Ceci n’est pas une rumba à la manière de Magritte, est l’occasion d’un premier chorus mélodique et rythmique de contrebasse qui nous cueille par ses couleurs chatoyantes. Puis Bubble évoque la solitude du musicien qui laisse libre cours à son imagination débordante pour mieux la dompter et lui donner un sens. Avec Bipolarité, place au clair-obscur, avant de se réfugier dans la mélancolie « à l’italienne » de La Brume, qui n’arrive pas à être foncièrement triste.

Quick Walk nous plonge dans un tourbillon impétueux de swing menée tambour battant par une walking bass aussi véloce que dynamique. Penguin surfe entre musique de chambre, jazz et folk à la manière de Penguin Cafe Orchestra, émaillée d’une surprenante harmonisation sifflée du thème soutenue en harmoniques par le violon.

Tulipano Nero vient conclure le set ; prenant à son compte toute la vivacité de Vivaldi, cette pièce écrite à l’origine pour l’orgue par Maurizio Minardi fait appel à toute l’énergie du quartet pour assurer la grande vitesse d’exécution qu’elle nécessite.

Vélocité reprise par les premières rafales de mistral. On hésite sur laquelle des 4 saisons se porte son choix …

Ont collaboré à cette chronique :

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