(26) DrômeCrest Jazz Vocal

02/08/2021 – Imperial Kikiristan au Crest Jazz

Les six représentants du Service Public du Divertissement à la Cour Impériale de Kigrad, capitale du Kikiristan ont convié le public nombreux à la cérémonie officielle du jumelage de Crest avec cette éminente capitale. Après l’installation loufoque de la scène, la troupe se fait gentiment prier par le chef de délégation pour quitter les coulisses où ils ont déjà commencé à jouer, et déboule en parade costumée aux ors éclatants, kitsch à souhait. Le message qui sera délivré ce soir est sans équivoque : « Nous sommes ici pour fraterniser avec le peuple de France, imaginer un monde plou grrrrrand, plou bô et plou zoumain (sic) ». Après l’hymne impérial Kik, place au discours du maire, choisi dans les rangs du public, dûment maquillé et vêtu de la tenue de grande pompe du pays, manteau et bicorne ; discours fait de promesses abracadabrantes qui ne seront jamais tenues. Les six musiciens exécutent pour l’édile une aubade pompeuse avec chorégraphie idoine. S’ensuivent une dégustation de Lichku, la boisson nationale de l’empire et une démonstration de danse traditionnelle sur une musique plus que festive des Balkans. Sans avoir l’air d’y toucher, tous ces aérophonistes maîtrisent leur sujet, et le solo de sax soprano a de quoi en faire pâlir plus d’un. Pour le jeu de la déchéance de nationalité, toujours en musique, « tout le monde a le droit de participer, mais c’est Pascal qui perd ». C’est la règle. Trois épreuves pour perdre sa nationalité française et conquérir à chaque défaite un attribut vestimentaire de sa nouvelle citoyenneté. Et c’est en grande tenue que Pascal « qui vous savez » reçoit son nouveau passeport. Nous avons donc l’immense joie d’annoncer officiellement que Jazz-Rhone-Alpes.com couvrira dorénavant les concerts du Kikiristan. Ce n’est plus qu’une affaire de formalités administratives pour entériner la chose. Chaque défaite du candidat est bien évidemment saluée en musique toujours impeccable et réjouissante. Le Kikiristan ne manque pas de ressources musicales, et nous avons droit à une belle démonstration de kaval, grande flûte oblique aux sonorités proche de la queña andine, jouée dans l’arc oriental de la Méditerranée, des Balkans jusqu’à l’Egypte. C’est l’occasion de la traditionnelle danse des fers à repasser en l’honneur des hommes à qui revient la tâche du repassage au Kikiristan. L’élection de Miss France de Crest clôture les festivités, chaque musicien faisant une cour insistante et débridée à l’heureuse élue (bien connue de nos services). Chorégraphies et solos de haut vol sont de la partie.

Le rappel ne se fait pas attendre ; les musiciens rejoignent en procession l’espace d’accueil du public pour prolonger la fête par « une chanson pour picoler » puis d’autres morceaux pour faire la fête. Tout le monde arbore un sourire qui dépasse du masque, quelques danseurs s’en donnent à cœur joie. Quand on vous dit qu’il n’y a rien de tel que la musique vivante !!! Ce soir, nous avons été servis plus que généreusement.

Guillaume Cottin aka Evgueni Liütaïo: saxophone ténor ; Frédéric Couve aka Gret Füdd: batterie ; Eugène Gaumeton aka Ivo Papakot: saxophone soprano ; Quentin Marotine aka Walstar: saxophone baryton, kaval ; Benjamin Poulain aka Dandy Pilsen: sousaphone ; Floriant Vidgrain aka Octavio Düffbraü: trombone

Ont collaboré à cette chronique :

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