(42) LoireCanal Jazz

20/11/2021 – Un Poco Loco au théâtre de Roanne

Loco, un poco, voilà effectivement le ton de la soirée dans Ornithologie, un hommage à Charlie Parker.

Nous sommes immédiatement transportés dans un monde parallèle avec Chasing the bird dont le thème voyage entre les instruments. Le son est intimiste entre le trombone en sourdine et la clarinette. L’échauffement terminé, nous voici plongés dans Okie Doke exposé par Fidel Fourneyron au trombone, l’instigateur de ce trio vraiment hors du commun. Klaxon, cornes de brume suivis d’un babillage au saxophone ténor illustrant à merveille Charlie Parker. Le morceau se termine en homorythmie parfaite des trois instrumentistes.

Nous traversons Yard Bird Suite dans lequel Geoffroy Gesser nous démontre sa virtuosité autant au sax qu’à la clarinette pour entrer dans le monde d’Anthropologie remanié à la manière de Raymond Queneau. L’arrangement est de Sébastien Beliah le contrebassiste du trio, absent et remplacé pour ce seul concert par Thibault Cellier, et ce le jour de son anniversaire que le public n’hésite pas à lui souhaiter en chantant !

Il doit être un peu « loco » également et maîtrise parfaitement le langage du trio qui termine par un délire dont le son s’amenuise jusqu’à disparaître. Suit Salt Peanuts avec un chorus de contrebasse soutenu des souffles de trombone et sax et une fin en bruitages rythmiques.

Nous arrivons à l’apothéose des « locos » avec trois morceaux imbriqués : Barbados, Billie’s Bounce et Now’s the time deviennent Barbillistime où chaque instrument s’approprie un thème pour un court instant et à tour de rôle ! De quoi dérouter les plus fins connaisseurs de Bird.

Everything happens to me suit, et si nous fermons les yeux, il pourrait bien y avoir une trompette qui s’est glissée dans le trio ; mais non, Fidel Fourneyron a juste fait un assemblage de sourdines sèches et plunger.

Nous continuerons avec Segment, Ah Leu Cha qui enchaîne sur Blue bird. Le trio nous transporte à nouveau dans un morceau multiple composé de Mango Mangue, Donna Lee plus un intrus que nous n’avons pas identifié. Un Poco Loco finit par Groovin’ high où sax et trombone jouent sur la dissonance harmonieuse, puis un ralenti instauré par la contrebasse avant de repartir de plus belle.

Le public en redemande et a le plaisir d’entendre Shawnuff pour lequel la clarinette prend des airs sonores de flûte de pan.

Une musique tirée au cordeau, sur laquelle le trio se livre à un exercice de funambule digne de Charlie Parker.

Très belle soirée organisée par Canal Jazz, association active de Roanne.

Ont collaboré à cette chronique :

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