(42) LoireJazz à Montbrison

18/03/2022 – Muddy Gurdy « Homecoming » au Festival Jazz(E) à Montbrison

Le festival « Jazz(E) à Montbrison », organisé au Théâtre des Pénitents, propose cette année une édition dédiée aux femmes du jazz.

Ce soir, sur scène, un trio atypique va ravir les oreilles des amateurs de blues.

Le hasard fait bien les choses et a permis de réunir ces trois musiciens qui ont enregistré tout d’abord sur les rives du Mississippi, berceau du blues, avant de revenir en terre d’Auvergne, leur terroir. Imprégnés de cette expérience, Muddy Gurdy nous revient pour distiller un blues bien « roots » qui sent bon la terre, les plantes et la sueur.

La voix puissante et chaude de Tia Gouttebel  nous happe, rejointe par le son bien identifiable de la vielle à roue (hurdy gurdy pour les anglophones) qui nous expose d’entrée une bonne gamme blues des familles et nous installe dans l’ambiance. Le ton de la soirée est donné. Puis le rythme est amené par la vielle rejointe par Marc Glomeau aux percussions. Nous voilà au cœur du Mississippi avec Lord help the poor and Needy.

Nous restons au bord du fleuve mythique avec un gospel Glory glory, thème exposé à la vielle à roue, suivi de Going down South de RL Burnside, chanteur et guitariste de Blues du nord du Mississippi accompagné par son fils à la batterie, Cédric Burnside. Dans cette région vallonnée se joue un blues hypnotique sur un accord sur lequel tout le monde danse.

Down in Mississippi écrit par Jessie Mae Hemphil, nous parle d’un temps révolu, morceau au cours duquel nous pouvons apprécier un chorus de vielle. Suivent Help the poor puis Tell me you love me rappelant la grande douleur du blues.

Chain Gang est enregistré en Auvergne, dans une ferme à 1 200 m d’altitude, comme tout l’album « Homecoming », où tous les enregistrements ont été réalisés dans des lieux reliés à la culture régionale (cratère d’un volcan, église, ferme…) marquant ainsi leur retour au Pays.

MG’s Boogie quant à lui a trouvé refuge dans un petit bistrot « l’Ecir (rafale de vent ou de neige en Auvergne) et l’Angélique » à Brion, tenu par Hélène . Ce morceau mélange vraiment blues et bourrée.

Gilles Chabenat nous entraîne avec sa vielle dans des sons de vent qui souffle, grincements, loups qui hurlent… accompagné par des boîtes à tonnerre aux percussions dans une reprise insolite du Strange Fruit de Billie Holiday . Tia a troqué sa guitare électrique contre une guitare sèche pour cette ballade mélancolique.

Nous voilà maintenant dans une chapelle dans la montagne (que le trio a eu beaucoup de mal à trouver), où se trouve une vierge noire donnant le titre de Black Madonna débutant sur un rythme lent suivi d’un doublement de tempo avec la chaude voix de Tia qui cette fois abandonne sa guitare pour un tambourin.

Encore un peu de culture auvergnate avec le « briolage », chant au rythme lent exécuté par les paysans pour encourager les bœufs à travailler et qui est vraiment le parallèle auvergnat du blues aux Etats-Unis. Sur ce morceau de sa composition, Tia Gouttebel fera chanter le public qui s’y prête volontiers.

Suivent Pretty thing avec un départ en délire de la vielle, une ritournelle installée aux percussions puis un chorus accompagné par le clap des spectateurs.

Skinny man sera le dernier morceau du set avant le rappel You Gotta Move  un blues de chez blues.

Merci à toute l’équipe du théâtre des Pénitents pour l’organisation de ce festival de qualité et aux musiciens pour leur talent à rendre leur musique vivante.

Ont collaboré à cette chronique :

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