Le privilège des lauréats du Prix du Public est de se produire lors de la soirée d’ouverture de l’année suivante. Et c’est toujours un réel plaisir de revoir les artistes un an après, qui permet au public de mesurer le travail accompli pendant cette année.

La fantasque Frederika* ne déroge pas à la règle, et c’est vêtue d’une magnifique robe à crinoline qu’elle vient redire au public crestois toute la pêche que lui a donné sa double victoire pour s’investir dans ce projet seule en scène et dans d’autres.

Le set reprend la plupart des titres de son album, Mersea, R is R, Window Wing, Léto, Lucifer, L’amour et moi. Véritable virtuose du looper, elle construit son orchestre au fur et à mesure, mêlant percussions corporelles, rythmes vocaux et onomatopées. Elle nous confiera que, pour le live, elle a introduit quelques boucles préenregistrées, incluant des instruments de musique, ce qui lui permet d’une part d’enrichir l’accompagnement et d’autre part d’épargner au public le temps de construction des boucles à chaque morceau. Frederika* ne s’est pas départie de son humour de tous les instants, dans les présentations ou dans ses morceaux, même dans les plus tragiques. Le set lui permet de développer ses improvisations dans tous les registres, lyrique, scat, chanson swing, mélopées orientales, et sur tous les rythmes, boostée par la présence de Leïla Martial, avec qui elle partage une solide amitié. Sa tessiture lui permet des audaces peu courantes, et nous sommes plusieurs à partager l’avis que cette année lui a apporté son lot de bonifications qui ne peuvent être que le fruit d’un travail persévérant.

Ajoutez à cela que Frederika* a un jeu de scène à la hauteur de ses performances vocales, et vous comprendrez que personne n’a eu le temps de s’ennuyer.

Un nouvel album est en préparation, nous l’attendons avec impatience.

* : l’étoile fait partie du de groupe choisi par l’artiste

Ont collaboré à cette chronique :

X