Lauréat du tremplin ReZZo Jazz à Vienne en 2021, Ishkero se produit sur la scène de Crest dans le cadre du partenariat noué entre les deux festivals et leurs concours respectifs.

Dès les premières notes remontent du fond de la mémoire les bouillonnements créatifs du rock progressif, du jazz-rock ou jazz fusion, mélange des formes et des techniques d’improvisation du jazz avec les instruments électriques du rock et de la pop, sur fond de section rythmique survitaminée empruntée au funk et à la soul music. Et l’arrivée d’instruments jusque là tenus à l’écart de ce type de scènes comme le violon de Jean-Luc Ponty pour ne citer que lui. Zappa, King Crimson, Mahavishnu Orchestra ou Yes font partie des influences très nettes d’Ishkero, à partir desquelles ils ont construit quelque chose de neuf bien ancré dans le vingt-et-unième siècle.

Et comme il faut toujours rester tourné vers l’avenir, Ishkero ne présentera ce soir que des compositions à paraître dans leur prochain album qui devrait sortir au mois de novembre prochain.

Quelques titres sont révélés comme Retro ou Garde, mais nous n’en saurons pas plus.

Antoine Vidal à la basse électrique et Tao Ehrlich à la batterie assurent une base rythmique vigoureuse et affûtée qui danse autour du temps et du tempo. Victor Gasq navigue entre la section rythmique et la section mélodique, très rock dans ses accompagnements, très jazz dans ses improvisations aux harmonies recherchées et inattendues. Derrière son Fender Rhodes auquel il a adjoint pas mal d’effets, Arnaud Forestier peaufine les ambiances qu’il n’abandonne pas même pendant ses chorus étincelants. Grand maître des mélodies ciselées et des envolées hypnotiques, Adrien Dutertre complète la formation avec sa flûte traversière, qu’il troque de temps en temps contre des accessoires rythmiques.

Un set qui nous conforte dans l’idée que la vocation du jazz est d’innover sans cesse, et que les temps modernes ont des ressources sur lesquelles on peut compter pour entretenir la flamme. Ishkero en fait partie.

Ont collaboré à cette chronique :

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