(26) DrômeCrest Jazz Vocal

05/08/2022 – David Krakauer « Mazel Tov Cocktail Party » au Crest Jazz

Après une entrée en matière éblouissante dont il a le secret, repoussant les limites de son instrument et de sa respiration dans leurs derniers retranchements, David Krakauer et son orchestre installent une ambiance de caravansérail où chacun trouve sa place au rythme des chameaux. La clarinette survole la troupe, nichée dans les suraigus des étages supérieurs dont elle ne descendra que rarement. Kathleen Tagg inonde la sono avec des boucles enregistrées surdosées dans les basses fréquences -au point d’en occulter l’accordéon-, Martin Shamoonpour arbore en fond de scène un magnifique daf dont il use avec brio. Sarah MK entonne une mélopée arabisante qui apporte la dernière et indispensable touche au tableau. L’orchestre joue ensuite une Rainbow Polka électro-traditionnelle à scansion militante, et enchaîne une demi-douzaine de titres de la même veine avant que le bassiste Jérôme Harris n’ouvre une parenthèse enchantée avec un bouleversant I’m a Poor Wayfaring Stranger, accompagné de sa seule basse, à laquelle se joignent progressivement Martin Shamoonpour à la flûte à bec, Yoshie Fruchter pour quelques accords discrets à la guitare, Kathleen Tagg au violoncelle électrique avec une magnifique ligne mélodique. La clarinette vient parachever le tout, avec une sobriété particulièrement émouvante. Le temps est suspendu.

Martin Shamoonpour revient à un peu plus de gaité avec une introduction à deux puis trois flûtes simultanées ! Il reprend ensuite son tambourin XXL pour embarquer toute la troupe dans une gigue effrénée.

Love Song for Lemberg (Lvov), est une valse romantique ponctuée de courtes phases de chaos, chargée d’émotion jusqu’à l’ultime vibration de la dernière note, qui restera dans l’air quelques instants avant les premiers applaudissements.

La parenthèse se referme avec le retour du charivari festif du Mazel Tov Cocktail.

Ont collaboré à cette chronique :

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