14/03/2024 – Camille Bertault au Manège

14/03/2024 – Camille Bertault au Manège

Après une pause pour mettre en place le plateau permettant le concert de ce soir… arrive sur scène Camille Bertault vêtue d’une combinaison noire décolletée et une veste queue de pie ouverte, noire également, des bottines noires et un bandeau noir… Les notes de couleur seront de gros boutons colorés et des boucles d’oreille rouges qui oscilleront en cadence avec sa queue de cheval haute lors de ses déplacements harmonieux et dansants tout au long du concert.

Ce soir, ses musiciens seront Fady Farah, qui officiera sur un piano Yamaha, un orgue, un Fender Rhodes, Julien Alour et sa trompette, Sam F’hima et sa contrebasse et le toujours très inspiré percussionniste Minino Garay.

Son entrée musicale en solo sera suivie du second opus de son album « Bonjour mon amour » de 2023 : Acrécran qui alterne un texte inspirant et des scats. Un grain de sable nous laissera entendre la trompette de Julien Alour qui souligne un hommage à la fragilité. Puis Bizarre nous entraînera dans une ambiance plus proche de la bande son d’Ascenseur pour l’échafaud avec en exergue le son de la trompette. Le voyage musical se poursuit avec Dodo que Camille nous introduit comme un rap écolo (elle qui aurait adoré écrire et interpréter ce genre de musique !), rappelant ce fameux oiseau disparu et évoquant Lewis Caroll… suivi de Jo, chanson pour son chat. Minino excelle particulièrement sur ces morceaux gais et rapides…

Impulsion écrite par Julien suivra, long morceau où Camille se plaît, comme elle nous l’a précisé, à se prendre pour un sax… La trompette y aura aussi une place de choix. Encore écrite par Julien, Ballade pour N alternera la pureté de la voix de l’artiste, l’expression de la trompette et l’ensemble du groupe qui forme un écrin à cette voix.

Voir la mer nous ramène avec émotion au quotidien, le thème évoqué étant le harcèlement scolaire, le quartet accompagne les paroles d’espoir « lorsqu’elle sera capable de se libérer et d’aller voir la mer ». Minino, au jeu de plus en plus rapide et puissant, est suivi par les musiciens tandis que Camille danse avec une très grande expressivité. Has been nous garde dans l’ambiance avec gestes et paroles évocatrices.

Elle reprend ensuite Je suis un arbre entendu en 2020 dans son album Le tigre (qu’on prendra ensuite plaisir à réécouter). Elle annonce une « mignardise de fin de soirée » où les onomatopées laissent penser à un clavecin rapide… Ma muse, où la trompette est très présente, nous est présentée comme un hommage à la musique où Camille danse et accompagne de sa sensualité corporelle les différents instruments qui s’expriment.

Puis ce sera À quoi bon (du précédent album « Le tigre ») où le scat de Camille est parfaitement mis en valeur par l’engagement de ses musiciens. Nouvelle York commence par une sirène qu’elle interprète très brillamment, elle danse, un long solo de contrebasse nous plonge dans l’univers des clubs de cette ville, et après ce moment musical intense, la sirène vocale nous laisse avec nos émotions…

En rappel, ce sera Certes « avec certitude, nous dit-elle » qu’on entendait sur l’album « Pas de géant » en 2018. Et que dire de l’ultime communion avec elle ? Finir avec le Brésil et Hermeto Pascoal fut un moment positif, gai, virtuose, mettant en valeur ses musiciens, sa voix, son talent… et nous avons été encore plus emportés par ce deuxième rappel encore plus engagé…

Ses parents ont magnifiquement choisi son prénom car la couleur de ce prénom est le jaune qui sied à merveille à cette artiste solaire et son caractère dominant est la passion, assortie de rêves et de convictions… qui dans le cas de Camille Bertault se traduit par cette artiste magnifique à tous les égards, qui le manifeste d’ailleurs un peu plus en prolongeant le concert par un temps de partage et d’échange souriant avec le public conquis de ce soir…

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