
oilà, c’est fini ! La quarante-quatrième édition de Jazz à Vienne s’est achevée dans la nuit de vendredi à samedi.
En fin d’après-midi de vendredi, nous avions pu assister à la conférence donnée par les trois dirigeants du festival : le président Thierry Kovacs ; le directeur général, Samuel Riblier et le directeur artistique, Guillaume Anger.
Bon, on ne va pas se la cacher, cette édition serait un bon cru, juste derrière 2023 (230 000 festivaliers comptabilisés*) et devant 2024 (215 00 festivaliers) avec 222 000 festivaliers (avec une soirée de moins par rapport à 2024 et la non-comptabilisation des spectateurs de Caravan’Jazz, manifestation désormais sortie de la quinzaine).
Bon, on ne va pas se la cacher, cette édition serait un bon cru, juste derrière 2023 (230 000 festivaliers comptabilisés*) et devant 2024 (215 00 festivaliers) avec 222 000 festivaliers (avec une soirée de moins par rapport à 2024 et la non-comptabilisation des spectateurs de Caravan’Jazz, manifestation désormais sortie de la quinzaine).
Cela se traduit par 87 000 festivaliers au Théâtre Antique et une fréquentation en hausse du Club avec 8 700 spectateurs.
Bien, les chiffres sont bons. Youpi ! (Cela dit, chaque année, le message est invariant).
En marge des concerts, nous avons pu visiter la chouette exposition de vinyles à l’église Saint-Pierre avant qu’elle ne devienne le musée d’histoire de la ville.
Côté concerts, nous avons fait le plein avec Cybèle avec cinquante-quatre concerts chroniqués.
Nous retiendrons de cette quinzaine à Cybèle quelques découvertes intéressantes avec Roue Libre et Ubaq, deux candidats du tremplin ReZZO 2025, le groupe Oya et parmi les big bands celui de Dardilly, le Only Big Band, bien sûr, les autres formations n’ont pas démérité, mais il s’agit ici de choix et de subjectivité.
Cybèle est la scène de Jazz à Vienne qui accueille le plus de concerts (de 12 h ou 12 h 30 à 23 h, sans tenir compte du Club et de Jazz Ô Musée dont elle assure aussi la technique), et nous le redisons ici, nous sommes estomaqués par le professionnalisme de l’équipe de techniciens qui se mettent en quatre pour accueillir des dizaines de formations, du solo aux big bands dans les meilleures conditions techniques. Le son, le backline, les lumières,… toutes les équipes sont soudées et bienveillantes autour de Philippe « Philti » Terrier. Un énorme merci à eux pour le cadeau qu’ils font au public et aux musiciens.
Nous constatons l’émergence d’une nouvelle scène, celle de la Table Ronde, au chevet de l’église Saint-André-le-Bas, dans le quartier historique de Vienne. Elle a accueilli du 30 juin au 11 juillet une ou deux formations d’amateurs ou d’écoles, dans de bonnes conditions, sur une place ombragée bénéficiant d’une brise naturelle, idéale en ces temps de canicule. Les différents conservatoires étaient tout heureux de trouver ici un public motivé.
Côté photographes, les conditions se durcissent. La règle des « 3 premiers morceaux » se quasi-généralise avec parfois des aberrations, comme pour Arooj Aftab (02/07) dont l’invitée est arrivée sur le quatrième morceau (et que donc nous n’avons donc pas eu le droit de photographier). Pour Meshell Ndegeocello (04/07), elle n’a pris sa basse à la toute fin des autorisations, dommage pour l’une des plus grandes bassistes au monde. De plus en plus notre liberté d’expression se bride, la grande mode est désormais de nous imposer une validation des clichés par la production de l’artiste avant diffusion. Même Célia Kameni (08/07) s’y met ! Le plus frustrant est l’interdiction totale de faire des photos comme avec Ben Harper (06/07) ou encore plus indigeste les autorisations de photos réservées aux « photographes officiels du festival » comme avec Jamie Cullum (10:07), alors que Jazz-Rhone-Alpes.com était dûment accrédité, mais donc pas « officiel » !
2025 une belle édition, soit ! Les chiffres sont là, mais avec le goût un peu âpre de la dilution du jazz dans une soupe musicale qui embrasse bien trop large au Théâtre Antique. Jacques Denis signait dans « Libération » le 24 juin dernier « Pourquoi n’y a-t-il plus de jazz dans les festivals de jazz ? » (voir ici), Un mois avant Olivier Nuc posait la question « Y a-t-il encore du jazz dans les festivals de jazz ? » dans Le Figaro (voir ici). Ces deux articles traduisent bien la dérive que l’on observe, hélas, à Vienne aussi. Fort heureusement, la soirée hip-hop du 9 juillet n’a pas rempli, il faudra peut-être la remplacer désormais par du jazz. On peut aussi se poser la question pour la soirée disco (30/06).
[Ajout du 18/07/2025 : voir la chronique de Jean-Claude Pennec « Où est le « Jazz » ? Les festivals dits de « jazz » montrés du doigt » dans Jazz in Lyon (voir ici)]
[Ajout du 18/07/2025 : voir la chronique de Jean-Claude Pennec « Où est le « Jazz » ? Les festivals dits de « jazz » montrés du doigt » dans Jazz in Lyon (voir ici)]
Heureusement, il y a Cybèle (je sais, on me rétorquera que cette scène gratuite est en partie payée par la billetterie du Théâtre Antique. Mais quand même !)
De notre côté, nous avons joué le jeu en publiant :
- 53 chroniques de concerts sur la scène de Cybèle (voir ici)
- 40 chroniques de concerts au Théâtre Antique (voir ici)
- 8 chroniques du Club (voir ici)
- 12 chroniques du Jazz sur la Ville, scène de La Table Ronde (voir ici)
- 2 chroniques du Jazz Ô Musée (voir ici)
- et quelques autres,
- pour un total de 125 chroniques pour cette édition de Jazz à Vienne.
*: Cela dit, on ne connait pas les méthodes de comptage et leur fiabilité.