23/01/2026- A la santé de Django et du jazz : « Johnny en jazz ! » à l’Atrium

23/01/2026-  A la santé de Django et du jazz : « Johnny en jazz ! » à l’Atrium

Un hommage à Johnny, « à la santé de Django » ?
Bizarre quand on sait qu’il a chanté : Parker, connais-pas… comme nous le raconte Laurent Courtois en guise d’introduction…
Pourtant c’étaient bien les amateurs de jazz qui ont rempli une fois de plus l’Atrium, et ils n’ont pas regretté leur venue :

Sur scène, la traditionnelle section rythmique de Laurent Courtois à la contrebasse, Luc Baïetto à la batterie et Éric Maiorino à la guitare, « au service » comme le dit Laurent des cinq solistes : Mike Cheret, au sax baryton ; Yvan Baldet, sax ténor ; Vincent Stephan, trompette, bugle ; Rubinho Antunes, trompette ; Matthieu Fattalini, trombone.

Ces huit-là nous ont tenu en haleine pendant deux sets, interprétant des succès de Johnny (pour lui, on ne parle pas de standards…) revisités aux différentes sauces jazz des arrangeurs, rivalisant d’inventivité !

Pour débuter, Pour moi la vie va commencer (Arrangement Yvan Baldet) : pour nous la soirée commence très fort, avec un merveilleux solo à cinq ! . Puis un arrangement très personnel du même pour Gabrielle, devenue assez méconnaissable – pour notre plus grand plaisir. Puis est venu Toute la musique que j’aime, magnifiquement arrangée par Rubinho Antunes qui nous a au milieu du morceau entrainé très loin, comme si nous nous retrouvions seuls à seul avec lui, avant de nous ramener dans le groupe, aidé par Luc Baïetto.
Matthieu Fattalini nous a alors gratifié de son arrangement des Portes du Pénitencier, arrangement généreux laissant la place à autant d’interprétation du thème que de personnalités dans ce groupe, d’abord les trompettes, puis solo de Mike Cheret, puis Matthieu accompagné de ses compères, puis Eric à la guitare.
Le premier set se terminant par Noir C’est Noir, thème assuré au trombone par Matthieu, puis solo de Mike, suivi de Rubinho qui lance un 4/4 endiablé destiné visiblement à Matthieu qui se fait souffler la place par Mike… les (dures) lois du jazz ?

Deuxième set, chanson écrite par JJ Goldman pour Johnny : Laura. On part encore une fois très loin de l’original, avec un arrangement très sensible de Vincent Stephan démarrant en polyphonie entre les cinq, sans section rythmique, les trompettes et trombones équipés de sourdine. Puis la contrebasse et la batterie font leur entrée et Vincent démarre un solo très inspiré au bugle, rejoint par des backs de ses acolytes. Le thème est ensuite repris en polyphonie.
Yvan Baldet nous a ensuite gratifié d’un medley, réunissant la « dynastie » Halliday : Diego libre dans sa tête de Johnny, La vie est comme une cigarette chanté à l’époque par Sylvie Vartan, puis Tu ne m’as pas laissé le temps  de David Halliday.
Un petit apparté car c’est l’anniversaire de Django ! Et Matthieu à la demande de Laurent nous a préparé un arrangement de Nuages. Bon anniversaire Django !
Puis le premier « dernier morceau » de la soirée, à nouveau du JJ Goldman Je te promets qu’il voulait que Johnny « chante doux » . Rubinho a pourtant choisi l’exact contrepied pour nous livrer un des arrangements les plus péchus de la soirée, avec un solo de Mike parfaitement tuilé avec celui de Vincent.
Puis le public a obtenu un « vrai » dernier morceau (arrangé par Yvan Baldet sauf erreur): Que je t’aime… où Matthieu nous a emballés par un splendide solo de trombone.
A la foule en délire qui en demandait encore, le groupe a répondu par une reprise de Noir c’est Noir, qui a donné lieu à un jeu de 4/4 puis 2/2 etc de plus en plus rapide entre les solistes… où l’on a senti la fatigue de quelques uns à la fin de ce concert où ils ont beaucoup donné.

Une très belle soirée, agrémentée tout au long, je le gardais pour la fin, par les explications de Laurent nous détaillant quelques détails croustillants de la carrière de Johnny… Il est bavard, et nous explique que c’est pour laisser aux autres le temps de reprendre leur souffle… mais c’est pour notre plus grand plaisir !

[NdlR : Merci à Danièle Falchier pour cette chronique que nous n’attendions]

Les musiciens :

  • Rubinho Antunes: trompette et arrangements
  • Ivan Baldet: saxophone ténor et arrangements
  • Matthieu Fattalini: trombone et arrangements
  • Michaël « Mike » Cheret: saxophone baryton
  • Vincent Stephan: trompette, bugle
  • Éric Maiorino: guitare
  • Laurent Courtois: contrebasse
  • Luc Baïetto: batterie

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