Pour le deuxième concert de la soirée « Résonances féminines », le théâtre Jean Marais accueille Cindy Pooch (que nous avons pu entendre à Sorbiers dans le cadre du Rhinojazz(s) le 8 octobre 2024 voir ici, elle reprend d’ailleurs quelques uns de ses titres ce soir).
Elle sera accompagnée dans une scénographie avec canapé, table recouverte de bougies, bol chantant… de Kiyémis, d’origine camerounaise, blogueuse, autrice, afro-féministe française, engagée contre le sexisme, le racisme et la grossophobie et l’artiste, pianiste, chanteur Ariel Tintar. qui nous entraîne dans son voyage en paroles, en chants, en musique entre occident et Caraïbes, en français et en créole.
Cindy Pooch, Camerounaise, nous rejoint, avec ses gestes lents, vêtue d’une longue tenue noire recouverte d’un voile vert et doré, d’un large bandeau brillant sur les cheveux. Un fond sonore martèle « l’amour… l’amour… » tandis que Kiyémis nous déclame un poème, prière pour nos filles, nos fils, l’espoir de réparer…
Issemou nous propose un chant ample, en français, accompagné de son pianiste. Je saute, où Cindy s’accompagne d’une planche de percussion, est mystérieux et plein d’espoir, sera suivi par Temps crépuscule de Kiyémis, après une introduction au piano. Fanmi joué par Ariel et parlé en créole précédera Le feu où la chanteuse fait scander le mot par le public tout au long du morceau Ariel se veut réconfortant pour Lanmou te red en créole. Cindy demande alors au public une note tenue et elle scande « Donne-moi l’amour, donne-moi la paix ». Kiyémis nous propose un poème de sa composition : Nous sommes la côte et la mer. Quant à Ariel, son Dorsale bossale répète à l’envi « Il y a des volcans ».
L’intime et introspectif C’est irracontable où Cindy joue du mvett, sorte de harpe-cithare camerounaise fixée sur quatre calebasses, nous fait pénétrer dans l’univers des instruments de conteur pour une expérience de la gratitude.
Ariel, au piano, nous interprète en créole Pou nou chapé. Kiyémis, sur un fond sonore d’un cœur qui bat, déclame son poème, qu’elle dit écrit au milieu des tornades Redevenir temple où elle évoque ses thèmes favoris.
Ariel, toujours au piano, chante avec Cindy, un Es sou ka sonje amoureux et tendre.
Le dernier morceau de ce concert sera Enlève ton cœur, expression camerounaise qui signifie « ça va aller ». Elle nous le présente comme un chemin guidé par la lumière, un baume à utiliser là où on en a besoin pour réparer…
Cindy et ses deux amis nous laissent sur cette note d’espoir… après une prestation libre, engagée, féministe… mais pas que…
