22/02/2026 – Alfio Origlio en quartet à l’Espace Morgado
 (Bourgoin-Jallieu)

22/02/2026 – Alfio Origlio en quartet à l’Espace Morgado
 (Bourgoin-Jallieu)

C’est un nouveau lieu pour nous, même si c’est déjà le quatrième concert (pas uniquement de jazz) à l’Espace Morgado. Lorsque Serge Vieira a racheté le cinéma Le Royal, il souhaitait initialement le transformer en projet immobilier. Le remords l’a pris et il a finalement décidé de redonner une âme à ce lieu de culture, patrimoine des Berjalliens (en savoir plus). Nous ne pouvons que saluer ce revirement qui sert les acteurs du spectacle vivant… et le public.

Seconde nouveauté : nous assistons à une première mondiale avec la création de ce nouveau quartet, à l’instigation d’Alfio Origlio. C’est en effet la première fois que ces quatre musiciens jouent ensemble en public.

Le set débute avec un désormais classique d’Alfio Origlio, Ascendances, qui nous permet de découvrir cette nouvelle formation dont les intervenants sont des habitués de nos colonnes.

D’emblée, l’entente est plaisante.
Le dialogue entre le Fender Rhodes et le sax ténor joue autour d’effets discrets.

Dès le deuxième morceau, le quartet passe en mode ballade. La batterie se fait toute douce, le sax chuinte. Alfio Origlio nous explique qu’il s’agit d’une nouvelle composition, Ma note, concoctée en l’honneur de sa compagne.

La reprise des Beatles, Norwegian Wood, est entamée par un solo tout en douceur et finesse de Zaza Desiderio, qui nous montre comment sa batterie peut chanter. L’air des Beatles a été remanié de la cave à la charpente, mais le thème reste parfaitement reconnaissable.

Arrive l’hymne d’Alfio Origlio, sa célèbre Sérénade à Loulou, si reconnaissable et pourtant jamais pareille. Après un premier chorus d’Alfio, le quartet part en roue libre. Hugo Afettouche se lâche, soutenu par un trio qui l’emmène en Jamaïque, puis retour au calme de la sérénade après avoir été bien secoué.

Vient ensuite une autre reprise, un clin d’œil aux origines italiennes d’Alfio : E lucevan le stelle, extrait du troisième acte de Tosca de Puccini. C’est sur ce morceau que Pablo Contreras nous offre son premier chorus.

On entend ensuite une reprise de Sade, Love Is Stronger Than Pride, elle aussi bien « dérangée » (la chanson, pas la chanteuse).

Pablo Contreras apporte ensuite sa contribution avec Calma.

Le set s’achève avec une composition dédiée à son père, batteur amateur de be-bop : Beebob (on apprend que son chien s’appelle Bob). Et c’est très… bop. Zaza se lâche dans un solo où il commence sans toucher aux cymbales avant d’envoyer du pâté. Pablo Contreras n’est pas en reste et nous régale également d’un solo.

Après le salut, et en guise de rappel, Alfio Origlio se prend pour Ahmad Jamal et nous offre SA version de Poinciana. Dans son chorus, Hugo Afettouche glisse vers The Girl from Ipanema pour faire un clin d’œil au batteur derrière lui, qui ne manque pas d’apprécier.

Alfio Origlio, on le connaît depuis un bout de temps, et c’est toujours un plaisir de découvrir ses nouveaux projets. Il a l’expérience de s’entourer de jeunes musiciens de qualité… une fois de plus, la démonstration a été faite. Hugo Afettouche était ce soir dans son élément avec la musique d’Alfio Origlio.

Les musiciens :

  • Alfio Origlio : Fender Rhodes
  • Pablo Contreras : basse
  • Zaza Desiderio : batterie
  • Hugo Afettouche : sax ténor

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