Il est tôt. Le concert débute, les musiciens se sont installés presque discrètement dans une lumière bleue et Michel Jonasz, veste lamée et sourire, entre sur scène. Le public de cette grande salle applaudit. La lumière monte et avec L’air que l’on respire, [Heureux malheureux,… l’air que l’on respire c’est le même pour tous L’air que l’on partage C’est le même pour tous, C’est le même navire Pour l’amiral ou le mousse…] quelle plongée entière et totale dans cette soirée soul.
Cette chronique, j’ai envie de l’écrire façon cadavre exquis, pour se remettre en mémoire des textes dont on ne connaît bien, que les refrains.
Groove, baby, Groove [J’ai pas les mots… les mots n’ont aucune importance
Dans cette circonstance. J’vais m’envoler, si ça s’trouve. Me laisser porter par ce mouv’ment qui groove Groove, baby, Groove.]
Sur scène, ces musiciens nous emmènent, comme les mots des compositions de Michel Jonasz. Les trois soufflants, j’ai nommé Michel Gaucher, Pierre d’Angelo et Éric Mula ne laissent rien au hasard pas plus que les deux choristes, Eric Filet, Jean-Marc Reyno sur une chorégraphie d’une fantastique énergie. Avec le final de Manu Katche à la batterie [Ce doit être mon cœur qui s’ouvre.].
Il y a tant d’amour, d’images dans les compositions de Michel Jonasz. Et les anciennes chansons ne sont plus anciennes. Il nous raconte les histoires de l’histoire, plaisante et nous rions avec lui.
Une intro avec Jim Grandcamp à la guitare et Jérôme Regard à la basse envoie du son et du rythme, [ouap dou ouap], nous voici avec Minuit Sonne. [En vacances à Besançon dans le Doubs, ouap, Je priais saint Antoine de Padoue, ouap dou ouap, de la faveur d’une aventure et me consoler d’une récente rupture lorsqu’une Espagnole au type hindou m’aborde en disant yé suis perdou… On danse le madison, elle m’embrasse sur un funky qui passe et qui fait tou doup toup tou douap.]
Génial ! Michel Jonasz dance et il aime ça, se déhancher ! La chorégraphie fait partie du show même si il le fait peut être un peu moins maintenant. Eric Filet, Jean-Marc Reyno sont superbes.
Je trépigne sur ma chaise, j’ai moi aussi follement envie de danser.
Michel Jonasz, très pro, nous fait redescendre dans les tours, avec L’amour ça devient sérieux avec Jean-Yves d’Angelo au piano et clavier, le compagnon de route de longue date. {L’amour ça devient sérieux à la première crise de rire on se découvre audacieux on a l’cœur prêt à partir et surtout cette chaleur partout.]
Parce qu’ainsi sont parfois nos vies, Michel Jonasz a aussi mis en musique le texte, Une seule journée passée sans elle [et la poussière sur ma figure s’était incrustée…et mon cœur pendu au bout d’une ficelle se balance… Sur le chemin du retour oh j’ai gambergé le ciel m’a ouvert les yeux j’ai marché des lieues et des lieues mais je n’ai rien trouvé que de la pluie artificielle et des champignons mortels pour subsister Comprendre fut une lourde tâche maintenant je sais mes attaches sont à ses côtés]
Quel poétique chemin est cette histoire d’amour finissante…
Sur une intro guitare triste et bleue comme la lumière idoine, c’est maintenant le Blues de Chicago et en français s’il vous plaît. [Je vous vends des étoiles Ouvre les bras], Avec la guitare électrique, la basse, la batterie, le piano, les cuivres, sur la base classique du Delta blues et le déhanchement des choristes tristes et blues eux aussi, c’est grand, ce côté Aretha Franklin, reine de la soul.Je ne regrette rien. Jubilatoire est ce blues. Michel plaisante : si tu vois tout en gris….déplace l’éléphant… Ouf ça fait du bien un peu de légèreté !
On repart avec Les wagonnets et Jim Grandcamp, à la guitare. Du riff en intro, un solo en final et avec une émotion à fleur de peau, Michel chante cette composition. [Une cartouche entière pour calmer mes nerfs avant d’t’écrire Une cartouche qui s’fume Une dans l’stylo-plume pour qu’il transpire bague de fiançailles, posée sur les rails coupée net en deux Par les roues des wagonnets]
Avouez, vous les aviez oublié ces paroles…. Peut être comme celle de L’Amour Qui S’Evapore. [On n’avait jamais vu d’orage aussi fort Jamais vu autant d’éclairs Les grêlons tombaient drus comme des météores Et faisaient des trous dans la terre
Pourquoi la guerre pourquoi Chantait la pluie Essayez d’faire un effort A qui tu dis ça petite à qui Sais-tu d’où viennent ces nuages tristes et gris De l’amour qui s’évapore]
Dans une lumière tamisée, ton rouge, le jeu des saxophones et trompette sont superbement mis en valeur. L’émotion est palpable en ces temps troublés…
Passage à Lucile, ce titre vient nous apporter une sorte de réconfort, un passé plus terre à terre, un de ceux dont on tire la soul, l’âme de la musique, le fil de l’amour [Lucile Je t’aime et je t’aimerai toujours.]
Revirement avec La FM qui s’est spécialisée Funky, la vie qui fait rêver d’Amérique ! Oui, ça existe dans la chanson de Jonasz et ce rêve d’Amérique avec ces musiciens, c’est immense [la belle vie la nuit ….en Floride à Miami].
Des musiciens sortent de scène, Michel se place au clavier pour une lente intro pour Les fourmis rouges. Te rappelles tu ce titre ? [Tu te rappelles on s’était couché Sur un millier de fourmis rouges. Aucun de nous deux n’a bougé. Les fourmis rouges.
Est-ce que quelque chose a changé? Couchons-nous sur les fourmis rouges Pour voir si l’amour est resté Et voir si l’un de nous deux bouge, Couchés sur les fourmis rouges]
Autour du piano, les musiciens, guitare, contrebasse, choristes se rassemblent et rejoignent Michel. Cette musique, je ne l’avais jamais entendue ainsi.
Sur Lord of Mercy, il y a le déhanchement sérieux de Michel Jonasz, les choristes proposent leur accompagnement voix avec un talent dingue et bien sûr les cuivres sont là. Encore un moment d’exception, présentation des musiciens, Michel nous le dit : Piaf sur scène c’est bon ! Otis Redding sur scène c’est bon ! Ainsi, le temps passe et n’oublions rien. Le rappel sera un duo avec Jean-Yves d’Angelo piano voix comme dans leurs tournées et l’incontournable ‘Joueurs de blues’.
Le Phare – Grand Chambéry est une grande salle. Souvent, elle accueille du handball et son club le Chambéry Savoie Mont-Blanc Handball (désolé, j’aime le hand aussi).
Ce soir, c’est devenue une grande salle de concert. Michel Jonasz, auteur-compositeur-interprète est un faiseur de bon son. Heureux sur scène, il reprend ses propres chansons en version soul, un superbe partage pour cette soirée généreuse et amoureuse
Les musiciens :
- Michel Jonasz : voix
- Jean-Yves d’Angelo : piano, clavier
- Jérôme Regard : basse, contrebasse
- Eric Filet, Jean-Marc Reyno : chœur
- Michel Gaucher : sax ténor
- Pierre d’Angelo : sax baryton et ténor
- Éric Mula : trompette, bugle
- Jim Grandcamp : guitare
- Manu Katche: batterie
