Le piano à queue noir brillant trône sur la scène quand Brad Mehldau, tout de gris vêtu entre à cours accompagné de Christian McBride, avec son sourire légendaire, et une veste mauve. Brad s’installe devant son piano, toujours presque sur le bord de son siège et Christian empoigne fièrement sa contrebasse.
Voilà le début d’un enchantement qui durera presque deux heures pour les auditeurs captivés. Brad, que l’on ne présente plus, tant les superlatifs le concernant évoquent son talent dans le jazz, la musique classique, la reprise de titres pop… et l’engagement humain. Jouer avec Christian McBride est une évidence tant son talent reconnu est similaire dans le monde de la contrebasse.
Commencer par How deep is the ocean (d’Irving Berlin) nous fait entrer dans un monde gai où la longue ballade s’étire…
Coltrane est évoqué avec Serenity, tandis que Christian accompagne discrètement le jeu rapide et engagé du piano… Brad sourit légèrement…
Une valse de Christian, Uncle James, sera précédée d’une intervention de Brad qui remercie en français et nous parle de son ami qu’il a connu à New-York dans les années 90, et qui a « élevé » le « niveau » de jeu de son instrument.
Christian entame alors une intro pour nous faire apprécier Maya de Wayne Shorter. C’est au tour de Christian de s’adresser à nous pour parler également de son amitié avec Brad qu’il qualifie de « meilleur pianiste de tous les temps », les deux quinquagénaires formant un duo sincère, naturel et engagé.
Christian utilisera l’archet de son instrument à cette unique occasion pour August wind de Brad. L’enchantement continue et Christian parle à nouveau pour présenter le futur solo de Brad qui sera Martha de Tom Waits.
Au tour ensuite de Brad d’évoquer Chick Corea et d’introduire le solo de Christian : Blue Monk.
Avec une connivence parfaite les deux artistes se régalent de nous envoyer de merveilleuses ondes positives avec ces pièces gaies… Le rythme est soutenu et le tempo rapide est magnifié visuellement par les diamants qui brillent aux oreilles de Christian, accentué par les reflets vifs de la lumière sur le large écran de sa montre… Come rain or come shine de Harold Arlen conclut le set.
Le duo magique reviendra pour trois rappels demandés par le public dont le fameux Killing me softly…
Ils quittent définitivement la scène pour réapparaître ensuite dans le hall pour une séance de dédicaces de livres, cd, se prêtant même au jeu des selfies… Une soirée où talent, virtuosité, gentillesse laisseront une empreinte durable de spectacle vivant.
