27/03/2026 – daoud au Voiron Jazz Festival

27/03/2026 – daoud au Voiron Jazz Festival

daoud, mais qui est ce trompettiste ?

Ultime soirée du Voiron Jazz Festival, ce concert du jeune daoud m’a conforté dans la qualité, et dudit musicien, et de la programmation !

daoud, c’est du talent et de l’expérience aussi. Il a posé ses chaussures sur des routes lointaines, Édimbourg et déjà avec Louis Navarro, contrebassiste.

iI plaisante sur le jazz, sur lui même… Les titres de ses albums sont simples. C’est très efficace, sans limite sur l’imaginaire que nous voudrions porter sur le son…. Ainsi c’est Soda ; Non Peut-être ; Ford Focus 1999 des éclats de vie exaltés par le jeu de daoud à la trompette et de ses compagnons de scène.

daoud produit tous ses albums, de la compo aux arrangements en passant par le mixage et le mastering. Eh oui ! Et le jeune daoud n’est pas si jeune que cela… Il est talentueux, il est élégant aussi… Le son électro est porté habilement au clavier par Thomas Perier et le batteur Quentin Braine ne cède pas sa place.

Son  premier album s’appelle « OK » (paru chez ACT) ; il possède une forme nouvelle, inattendue, puis c’est « GOOD BOY »… Quelle chance d’être là ce soir ! Le public est multiple, différent enfants, parents, habituels suiveurs et nous sommes tous à nous balancer sur des titres connus par certains ou pas. Tout se déroule en puissance et bienveillance. Quelle bonne énergie ! Le final sur loulou & the loulous est d’une émotion sublimée pour Louis Navarro, réminiscence d’une vie autre ou ces deux là imaginaient alors même pas le plaisir de ce jeu sur scène.

De nombreuses dates se profilent et c’est tant mieux car daoud a du talent !

Il nous offre un rappel et laisse sa place à Pierre & The Stompers, un son électro sublimé par Pierre Lapprand et son sax pour la der des ders de l’édition 2026 Voiron Jazz Festival. Nous dansons car le jazz, c’est aussi la fête loin des codes, cette énergie  vibratoire qui ne saurait être uniquement codifiée.

 

 

*daoud ne semble pas vouloir le d de son nom en majuscule, alors plaisanterie d’un soir ou réalité, je vais écrire daoud.

Florence Cavagnat

[NdlR : C’est plutôt rare, un autre chroniqueur nous a adressé un billet sur ce concert]

Je ne le connaissais pas, mais je le savais décrié par certaines « autorités » du jazz. Pour lui, comme pour d’autres d’ailleurs, on pose l’éternelle question :  jazz ou pas ? Est-ce vraiment la bonne question ? On ne fait pas de la musique pour être catalogué, ou faire partie d’une communauté. On la fait pour plaire et se faire plaisir. Et daoud en donne. De cette controverse, il en joue. Apostrophant le public, il interroge : « Qui veut du jazz » ou « qui ne veut pas de jazz ? ». En fait il a créé son univers. Je le définirai comme un son à la Chris Botti, des reverbes à la Paulo Fresu, des phrasés simples et clairs à la Maalouf sans quart de ton, le tout dans un contenant d’électrojazz à la No Jazz. Il détonne des habitudes par ses interprétations courtes qui dépassent rarement les quatre minutes. Il déroule dans ce spectacle, son dernier album « OK » ou ressort des singles comme Ford Focus 1999, de « Good Boy », son premier opus. Il racole le public en réinterprétant la comptine populaire A la pêche aux moules. Par provocation, il fait un duo remarquable, un petit bijou avec son bassiste et ami Louis, sur Bye bye blackbird en démontrant sa maestria jazzistique en respectant les codes. Muet pendant les trois premiers morceaux, il commente abondamment la diatribe le concernant sous forme humoristique. Un peu trop long à mon goût, on ne peut s’improviser humoriste. Il me semble qu’il devrait consacrer plus de temps, à la musique plutôt qu’à la parole. Le public moitié assis et moitié debout devant la scène était ravi et lui faisait savoir. On peut néanmoins se poser la question en clin d’œil : Toulousain, es-tu venu au festival de jazz pour to win or to loose?

Edmond-Henri Supernak

Auteurs/autrices