03/04/2026 – Rencontre autour du blues avec RJ Ellory & Yoann Gallant au Quai du Polar

03/04/2026 – Rencontre autour du blues avec RJ Ellory & Yoann Gallant au Quai du Polar

La vingt-deuxième édition du festival Quai du Polar cette année, poursuit ses rencontres entre littérature policière et musique, qui sont à nouveau accueillies par le Forum de la Fnac Bellecour. La conférence musicale de cette journée d’ouverture présente Roger Jon Ellory pour la première partie consacrée à l’auteur de Polars et le musicien Yoann Gallant pour l’illustration musicale.

Le modérateur Philippe Manche, commence par interroger l’auteur sur son attirance pour les Serial killers qui sont très présents dans ses ouvrages. RJ Ellory indique que c’est un type de crime que l’on a beaucoup de mal à comprendre humainement. A l’inverse du crime passionnel par exemple, auquel on peut trouver une justification. Pour lui, le dénominateur commun du Serial Killer est qu’il s’agit d’un individu qui résout un problème qui est en lui. Son dernier personnage est féminin, avec une vie cauchemardesque (sic) et il confie que la vie est bien plus simple lorsque l’on obéit aux femmes ! Il n’a pas de plan quand il écrit, juste une idée simple avec une époque et un lieu. Et c’est souvent une époque avant internet. Lorsqu’il commence l’écriture d’un ouvrage, il confesse qu’il écrit comme un dingue en démarrant à 8h00 le matin pour finir le soir tard, cela sept jours sur sept en allant jusqu’au s’endormir d’épuisement. Il vit complétement avec ses personnages dans cette période d’écriture comme s’ils faisaient partie de son entourage réel et qu’ils étaient vivants. Il ressent un sentiment d’abandon lorsque l’écriture du thriller est terminée. « To write is an addiction, it’s the same to reading and for the music » précise-t-il dans sa langue natale avec conviction même si l’entretien est traduit par une interprète.

L’interviewer oriente l’échange sur le sujet de la musique pour sa deuxième question. Cela amène l’écrivain à parler de son enfance qui n’a pas été facile. Il n’a pas connu son père, à vécu dans une famille d’accueil, a de nouveau été pris en charge par les services sociaux puis a été recueilli par sa grand-mère. Il a été marqué par l’éducation de sa grand-mère qui l’a toujours encouragé à pratiquer une discipline artistique. Il fait l’apprentissage de la trompette avec l’orchestre national d’Angleterre de jazz des jeunes. Louis Armstrong, Louis Jordan et Louis Prima sont des révélations pour lui. Sa découverte musicale se poursuit avec Leadbelly pour le Blues, le Rockabilly, Elvis…Lorsqu’on lui vole sa trompette, un ami lui donne une guitare, ce qui lui permet de continuer son apprentissage musical. RJ Ellory nous livre que ses trois passions sont la littérature qui lui permet d’écrire avec des mots, la musique qui lui permet d’écrire avec des notes et la photos (qu’il a étudié) qui lui permet d’écrire avec la lumière. A jazz-rhone-alpes.com nous souscrivons complétement à ces passions ! En synthèse il défini son parcours comme la recherche de ne pas avoir un « vrai » travail.

La troisième question est consacrée aux concerts vécus dans sa jeunesse par l’auteur anglais, originaire de Birmingham. Ces souvenirs vont nous entrainer dans milieu du rock. Cela a commencé dans un cinéma de sa ville natale qui était aussi une salle de spectacle de trois mille places où il a vu Steve Miller et The Cramps pour l’équivalent de cinq euros à l’époque ! L’écrivain poursuit avec des anecdotes sur les péripéties musicales autour de ses dix-sept ans. Avec six copains ils vont voir le groupe « The gun club » dans le fameux night-club de Manchester The Haçienda. Ils font le trajet dans une camionnette sans sièges, il n’y a pas de conducteur titulaire d’un permis de conduire parmi les six amis et en buvant une bouteille de whisky dans laquelle du LSD a été ajouté ! C’est dans le night-club Holy City Zoo de Birmingham qu’il a vu le premier concert de REM. Le groupe de rock de RJ Ellory, The Whiskey Poets a publié quatre albums et joué six ou huit fois en France. Le bassiste vient du groupe Electric Light Orchestra.

La deuxième partie de cette rencontre musicale vient illustrer les musiques que l’écrivain apprécie. Le musicien lyonnais Yoann Gallant commence par un blues en hommage à la Croix Rousse chanté en français. D’origine Franco-Québécoise, le guitariste chante aussi en anglais. Il joue également de l’harmonica et cite Neil Young comme influence, mais l’on pense aussi à Bob Dylan. On reconnait bien l’inspiration des Protest-songs dans les blues et les folks interprétés. Le chanteur nous propose également un titre qui est un mélange de blues et de gospel en s’accompagnant d’un instrument appelé Cigarbox. Il nous présente l’origine de ce style de guitare fabriqué avec une boîte de cigare en bois pour caisse de résonnance par les musiciens ingénieux et bricoleurs des Etats-Unis. On retrouve avec cet instrument les sonorités du banjo qui donne à ce set agréable l’ambiance du sud des Etats-Unis.

Après la conférence nous avons posé la question du lien entre l’écriture et la musique à RJ Ellory. L’auteur nous a répondu avec sympathie et sincérité. Pour lui, l’écriture comme la musique doivent transmettre l’émotion. Il ajoute également que dans les deux disciplines il doit y avoir également de l’engagement. Enfin, il nous confie que l’écriture est un salut, un relèvement et qu’elle l’a sauvé.

Dernier livre publié : Les Invisibles [« A Darker Side of Paradise, 2025 »] (trad. de l’anglais), Paris, Sonatine Éditions, 2026. Traduction Étienne Gomez, ISBN 2383992690, EAN 9782383992691, Date de parution02/04/2026, Nombre de pages 552.

YOANN GALLANT, Musique originale folk, rock, chanson française EP 5 titres, printemps 2025. Disponible en ligne sur https://yoanngallant.com/ et sur YouTube.

Auteur / autrice