Présentation de la soirée du Jazz Club Voironnais par Mike Cheret, présentation d’importance, car ce soir Atikum est un duo. Raphaël Guyot est empêché ce soir, suite à une malencontreuse chute, mais il hante tout de même de ses compos la scène.
Mais revenons à la genèse de ce groupe, Atikum. Le peuple Atikum, natif des États de Pernambuco et de Bahía, a tardé à être reconnu et s’est autodésigné Atikum-Umã.
Et pourquoi je vous raconte cela ? Parce que justement, le premier morceau joué est une plongée dans la terre, ou dans une danse mystique sous les étoiles… Ou est-ce dans les étoiles autour de la terre ? À chacun son trip.
Leur musique, ce jazz, me touche émotionnellement, poétiquement.
J’ai omis de demander à Rubinho Antunes de quelle partie du Brésil il vient. Ses compositions sont d’inspiration Milton Nascimento, et bien sûr pas seulement.
Richard Bonnet, lui, reprend sa juvénilité lorsqu’il joue ses compositions. J’aime cette façon d’ouvrir son univers onirique, comme un héritage musical à la Steve Hackett.
Il peut apparaître studieux, même si ce sont plutôt d’autres sentiments qui l’habitent : créativité, soif de bien-faire et perfection.
Et lorsque Rubinho souffle dans sa trompette, leurs musicalités, leurs univers sonores, ouvrent pour moi des éléments naturels : chaîne montagneuse, argile et végétation arbustive, ou de grands arbres sur sols sablonneux. Leur musique ajoute un supplément d’âme, un miel issu des fleurs et fruits sauvages, une constante locale et entêtante. Complètement poétique, ce concert : un isolement bienfaisant dans notre monde humanoïde.
La pause avant le deuxième set sera entre amis, conviviale et heureuse.
Puis nous repartons dans le monde ATIKUM, avec pour finir la soirée les morceaux Bonne révolution, un message à adresser à chaque début d’année, d’inspiration Carla Bley, et, en rappel, un ultime morceau très brésilien.
Ce soir, c’est un formidable voyage jazzistique pour le public comme pour moi, avec ce trio devenu duo pour un temps. Merci à eux.
