Dernier concert pour cette édition de Jazz en Avril accueilli au sein de l’église du superbe village du Crozet.
Le lieu se prête parfaitement au jeu acoustique de ces quatre musiciens très à l’aise dans leur répertoire et qui de plus sont heureux de partager leurs compositions avec un public qui remplit cette petite église.
Leur musique est intimiste, colorée et laisse la juste place aux improvisations. Pas de leader, mais une communication agréable entre tous, les souffles se mélangent, se percutent en douceur, se superposent et dialoguent.
A la trompette et au bugle, avec un son toujours aussi chaleureux, Emmanuelle Legros, qui n’hésite par à débuter sans embouchure pour survoler ses compères, dans une des compositions de Simon Girard, Au revoir Détective.
Durant tout le concert nous allons voyager dans différents paysages, Parfois au gré des vagues et sous le chant des sirènes dans Ressac écrit par Léo Ouillon, qui assure parfaitement son rôle de basse sur les clés de son saxophone basse justement, mais qui n’hésite pas à improviser et s’infiltrer dans les jeux de ses acolytes. Il a également composé 12 Rue Pascale sur lequel nous pouvons apprécier un jeu de cloches parfaitement maîtrisé de la part des trois soufflants graves du quatuor.
Au trombone, Simon nous fait vibrer parfois avec un son de serpent (l’instrument) qui convient tant au lieu comme dans Charlie et Maya qu’il a composé. Mily, de lui également, sur une musique répétitive où les notes circulent d’un instrument à l’autre, ainsi que La rébellion ,tout nouveau morceau très mélodique et harmonique à l’accord final superbe, magnifié par le son de la nef. La clarinette basse d’ Agnès Ino se mêle au jeu de la trompette, quelle joie de vivre qu’elle partage avec musiciens et spectateurs et surtout une maîtrise du souffle et du jeu impressionnant.
Nous partons également en Bretagne avec Les Grandes marées, qui comme le dit Emmanuelle est plus rapide à atteindre par la musique que par la route. Les chants bretons sont présents, interprété par la clarinette basse, des petites percussion accompagnent une improvisation du saxophone. Une autre partition d’Emmanuelle avec Barouf Catimini Blues propose de belles nuances et une superbe improvisation de Simon jouant avec sa sourdine. Elle nous fait également passer sous les gouttes avec Plic, sur une mélodie presque classique jouée cette fois à la clarinette en sib par Agnès. Surprise sur les dernières notes du morceau où la fin reste en suspens et retient ainsi les applaudissements des auditeurs. Nous retrouverons quelques fois ces conclusions de morceau surprenantes et c’est fort agréable.
Nous ne partirons pas déçus après deux rappels chaleureusement réclamés par tous. Pour terminer, deux valses, une écrite par Simon, Valse d’Etroyes, dans laquelle il se lâche dans une improvisation bavarde, puis Valse lente d’Emmanuelle en hommage à Charlie Chaplin évoquant la démarche de celui-ci.
Merci pour cette belle fin de journée en compagnie de musiciens talentueux qui nous ont plongés dans leur univers joyeux et, si nous avons parfois retenus notre souffle, eux ont tout donné.
