Jean-Marc Dumont, maire de Tronget et président de la Communauté de Communes du Bocage Bourbonnais, présente la soirée et insiste sur la notoriété de ce festival qui diffuse la culture auprès de tous les publics du territoire, incluant les écoles et même l’hôpital. Il remercie chaleureusement tous les bénévoles sans qui ces manifestations ne pourraient exister.
Place au sourire radieux de Clélya Abraham adressé au public avant de s’installer au piano. Elle a été nourrie par les influences créoles et nous allons nous réchauffer, portés par sa musique vivante et généreuse. Des notes douces et tranquilles s’égrainent sous ses doigts tandis que les trois autres musiciens arrivent sereinement et s’installent. Les baguettes d’Ananda Brandão effleurent les peaux avec délicatesse, tout en souriant à la pianiste qui chante d’une voix chaude et avec qui la connexion sera permanente tout au long du concert.
Les notes de guitare de Kévin Lazakis se mêlent au son du clavier avant de prendre le relais.
Sans attendre, Ananda propose un rythme très syncopé et dansant sur São Paulo. Comme ça groove et toujours avec le sourire et une complicité vraiment très importante entre les quatre amis ! Ils se donnent la parole, trouvent leurs places et improvisent autour de la trame des morceaux. Un solo de cette petite et frêle batteuse nous démontre sa puissance, son énergie et surtout sa maîtrise des rythmes complexes dans la joie de partager avec tous.
La contrebasse n’est pas en reste. Les doigts de Samuel F’Hima galopent, jouent avec les sons qu’ils pétrissent à l’aide de son pédalier et soutiennent tout le monde.
Ils aiment glisser d’une ambiance à l’autre et nous emmènent dans le désert d’Atacama, au Chili, d’où l’on peut observer le mieux les étoiles, ce qui fascine Clélya.
Dans Mystique, nous rentrons dans un état second, voire de transe, et le ressenti est palpable. L’archet grince sur les cordes de la contrebasse, distord le son.
Les musiciens nous ramènent au calme et à l’émerveillement dans une composition I Keep Moving créée après une marche de Clélya en pleine nature, les yeux bandés, comme si elle redécouvrait tout, les sens à l’écoute de ce qui nous entoure. À la guitare cette fois d’amener le thème bientôt accompagné de la voix si agréable de Clélya, un beau chorus de contrebasse qui passe ensuite la parole au piano.
Le scat de Clélya accompagné par Ananda nous transporte en Guadeloupe sur Takoot. Et le voyage ne s’arrête pas là, la Réunion est notre prochaine escale avec Célébration. Les improvisations virevoltent d’un instrument à l’autre toujours dans une écoute attentive commune.
Hommage à la Guadeloupe avec Péyi, introduit à la contrebasse qui s’amuse avec son looper et amène un rythme de plus en plus rapide qui fait se balancer Ananda. Samuel se lance dans un solo sur lequel il se déchaîne ; Kévin lui emboîte le pas pour un chorus qui frise la transe. Le délire est général, tout s’accélère jusqu’au génial stop de fin.
Que du bonheur.
Pour le rappel, un peu de calme avec Dear Soul, chanson que Clélya a écrite pour rencontrer son âme qui la guide sur le chemin de la vie.
Juste un petit bémol à propos de la guitare et de la contrebasse qui auraient mérité un peu plus de volume sonore pour les spectateurs et même parfois le piano.
Merci à ce quartet de partager aussi généreusement leur joie de vivre, de partager leur art et leur maîtrise avec un public conquis. Ils sont heureux de jouer ensemble, c’est indéniable.
