15/05/2026 – Lorenzo Naccarato à Jazz dans le Bocage

15/05/2026 – Lorenzo Naccarato à Jazz dans le Bocage

Au départ prévu au bord du plan d’eau de Tronget, le concert se déroule finalement dans la grande salle de Riats, la météo n’étant pas des plus stable.
Un piano préparé, des magnétophones à cassette posés dessus, un tourne disque, des objets pour le moins insolites coincés entre certaines cordes allant du joint de cafetière au strainer (passoire à cocktail) qui lui sert de percussion lorsque les marteaux frappent dessus.
Lorenzo Naccarato promène son piano partout. Il est parti de la mer Baltique, au nord de Hambourg, lieu où se rassemblent les oies sauvages, pour suivre la route de leur migration jusqu’au Sénégal, en épousant la même temporalité. C’est comme vous le devinez un passionné d’oiseaux. Il compare son piano à sa maison voire son lieu de nidification. Pour lui ,artistes et oiseaux dépensent les uns comme les autres une énergie infinie à chercher des lieux où habiter et chanter. D’où son idée de recherche musicale inspirée par les oiseaux.
Le décor est planté, les spectateurs sont nombreux incluant beaucoup d’enfants. Il faut dire qu’il est connu ici ayant fait une résidence en Novembre à Tronget et une en avril et à Bourbon l’Archambault.
Dans son premier morceau il utilise un tourne disque sur lequel il a posé un disque en bois qu’il a fabriqué avec des petits creux à espacements réguliers qui permettent l’émission d’un rythme constant sur lequel il s’appuie pour improviser. Les cassettes ne sont pas là pour la déco mais pour créer des boucles soit enregistrées à l’avance soit comme un looper. Il a une véritable table de mixage avec laquelle il jongle entre deux notes.
Une partition qu’il appelle pour « scotch d’électricien et aimant » dans laquelle le son est feutré grâce au scotch collé sur les cordes et modifié par des petits aimants disséminés sur les cordes. C’est un chercheur, ingénieur et musicien il ne faut pas l’oublier.
Dans Animal Locomotion, il superpose plein de rythmes joyeux, comme des caquetages d’oiseaux et bien entendu très répétitifs.
Moment triste et vraiment touchant du spectacle avec un morceau dédié à un oiseau disparu depuis 1934, le O’o de Hawaï, chassé pour la beauté de ses plumes noires et jaunes et de son chant. Il a l’enregistrement du chant nuptial du dernier mâle existant avant son extinction, qui nous l’imaginons est resté sans réponse d’un éventuelle dulcinée. Lorenzo propose donc une réponse pianistique à ce malheureux spécimen. C’est vraiment un moment fort de son set car il réussit parfaitement à se fondre dans le chant et ses réponses sont aussi belles que le chant lui-même.
Il termine par Un Oracle pour piano et couverture de survie, représentée par du papier d’alu posé contre les cordes.
Lorenzo est passionnant déjà par son inventivité débordante et par sa musicalité très belle.
Son piano est dédié à la mobilité et il propose à tout le monde de faire comme les étourneaux, d’en parler à six voisins pour inviter Lorenzo et son nid à venir jouer dans un beau lieu.

Lorenzo Naccarato : piano, bidules

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