15/05/2026 – Sharon Mansur Trio à Jazz dans le Bocage

15/05/2026 – Sharon Mansur Trio à Jazz dans le Bocage

Née en Israël, Sharon Mansur ouvre ses oreilles à la musique dès six ans. Le piano tout d’abord en classique, un groupe de métal à seize ans puis dans sa vingtième année elle rejoint l’Académie de Musique de Jérusalem. Voilà de belles cordes à son piano pour la création hétéroclite de superbes compositions. Ces pièces, écrites tout d’abord pour piano solo, elles les a arrangées pour le trio après sa rencontre avec David Michaeli à la contrebasse et Aviv Cohen à la batterie.

Un sourire lumineux exprime sa joie de partager son expérience musicale devant un public nombreux venu découvrir ce trio, ainsi que de jouer avec ses talentueux amis.

Une set-list longue et pourtant, que le temps passe vite ! Les morceaux sont relativement courts nous laissant à chaque fois presque frustrés de ne pas durer plus longtemps.

Nous commençons par Everybody hurts the same, titre qui annonce bien sa grande sensibilité de la condition humaine, les émotions que chacun peut ressentir et leur complexité. Elle dit d’ailleurs « la musique montre que nous pouvons coopérer. Que nous ressentons les mêmes émotions, même lorsque nous ne parlons pas la même langue. C’est le langage du cœur, de la nature. J’espère, à travers elle, avoir une petite influence positive sur le monde qui m’entoure. Je reste humble, je sais que je ne sais rien. Je fais juste ce que je fais le mieux. Et si je peux faire sourire et pleurer des gens de différentes cultures, dans la même pièce, alors tout cela signifie quelque chose.»

Mais revenons à l’instant présent et ce mélange de musique classique au piano agrémenté par une touche de synthé juste ce qu’il faut pour magnifier ces harmonies.

C’est fini, nous sommes happés par le trio, qui ne fait qu’un, tant les notes circulent entre eux. Parfois la mélodie se fond entre la contrebasse et la main gauche de Sharon au piano tandis que sa main droite joue l’accompagnement. Ils se passent et repassent la parole, accompagnée de larges sourires qui en disent long sur leur complicité.

Le batteur quant à lui est concentré sur son jeu très fin et d’une complexité extrême au vu des mesures paires, impaires à je ne sais combien de temps que j’ai cessé de compter d’ailleurs.

Nous traversons Tunnel, Outside In avec l’énergie de la jeunesse et un thème très oriental sur lequel ils se régalent de jouer ensemble.

Le piano débute seul If I Can, un moment de grande douceur. Le contrebassiste joue la mélodie durant l’improvisation de Sharon soutenue par les mains du batteur sur ses peaux. Nous poursuivons avec The return, un tout nouveau morceau composé il y a six mois, puis Elinor, chanson des fermes grecques aux rythmes complexes. Sharon est debout, tout son corps danse lors de son impro sur le synthétiseur qui correspond bien avec les sonorités du pays.

Trigger, encore plus beau (si c’est possible) suivi de From The OV sur le thème de  la complexité de l’émotion humaine, très sautillant et passant du speed au calme décrivant bien cette période du changement qui peut être brutal ou tout en douceur.

Suivrons February, The Gap de son premier album cette dernière en duo piano contrebasse, Change Your Narrative, Ignig sur lequel David improvise à l’archet comme une lamentation ou un chant oriental souligné par les mains d’Aviv sur sa caisse claire et ses cymbales. Bien entendu nous ne pouvons pas nier l’influence d’Avishaï Cohen.

Un rappel des plus chaleureux avec Big Dreams in Kadikoy, grand marché populaire d’Istambul en Turquie, musique bigarrée et jubilatoire.

Merci à Jazz dans le Bocage pour ce merveilleux voyage, collision si bien orchestrée entre classique, métal, tradition et une touche de folie ingénieuse, servis par l’immense talent de ce trio.

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