Dix ans d’excellence et d’amitié.
Dès 17 h 00, l’ensemble jazz de l’école de musique de Francheville investit la scène installée face au petit amphithéâtre extérieur de l’Iris. Six standards nous sont proposés par le sextet (de jardin à cour, la parité : une flûtiste, une tromboniste, une pianiste, un saxophoniste soprano, un contrebassiste et un batteur) : Fried Pies du guitariste Wes Montgomery, Yesterdays de Jerome Kern, Doxy de Sonny Rollins, Beatrice de Sam Rivers, The Maze de Herbie Hancock et All Blues de Miles Davis, avant l’arrivée d’une batucada de douze percussionnistes et leur chef. C’est Carnaval de Carlos Santana qui réunit les dix-neuf musiciens avant la jam session, qui nous maintient dans l’ambiance positive de ce temps fort de l’association Ça jazze fort à Francheville…
Voici qu’arrive le temps principal des dix ans de cette « magnifique » association… Magnifique, en effet, car remarquable et qui suscite surtout l’admiration : tous les bénévoles investis autour du président Alain Mercier, soutenu au quotidien par son épouse Martine, qui œuvrent pour nous présenter depuis dix ans tellement de merveilleux moments musicaux, méritent une mise en lumière importante.
Voilà, dix ans… et certains des musiciens d’exception qui nous ont régalés ont accepté avec enthousiasme de venir fêter cet anniversaire dans un « all stars » prestigieux ! Après une résidence les jours précédents, ils sont prêts à nous enchanter !
Les six musiciens de ce soir sont dirigés par Kévin Reveyrand, le sideman reconnu qui, outre la direction musicale, sera le bassiste de la soirée. Souvenons-nous particulièrement du concert donné ici le 1er décembre 2022 ! Sophie Alour, avec son sax ténor, à la gestuelle simple, nous gratifiera de ses sons graves et élégants comme elle le fit ici-même le 6 juin 2024 (voir ici). Sabrina Romero, qui a conclu brillamment la septième édition le 24 juin 2023, ne sera pas là ce soir. Pour assurer la percussion, ce sera François Constantin, reconnu pour ses jams endiablées et ses collaborations prestigieuses depuis de nombreuses années. Louis Winsberg (que l’on a retrouvé avec le fameux groupe Sixun), dont la guitare avait magnifié l’hommage à Paco de Lucía le 1er juin 2018. Jean-Pierre Como, claviériste, artiste Steinway, cofondateur de Sixun, a été l’instigateur d’une soirée mémorable en solo le 19 mai 2022. Et enfin, Zaza Desiderio : qui ne se souvient pas d’un moment d’exception avec la percussion dynamique, enchanteresse du souriant Franco-Brésilien ? Son sourire légendaire a connu notamment son apogée lors de sa carte blanche le 23 novembre 2017 ! Cela nous amène à souligner l’extrême gentillesse de ces six artistes aussi talentueux que disponibles à nous faire partager cette soirée.
20 h 30 : Alain Mercier nous accueille avec un discours écrit, contrairement à son habitude… À la salle où aucun fauteuil n’est libre, il évoque un « pari réussi », un « rendez-vous incontournable », « une famille » qui s’est formée depuis dix ans dans une ambiance amicale, cette vie avec tous, « cœur battant » du festival. Il remercie tous les partenaires, excuse le président d’honneur Jean-Paul Bouteiller, cite Pascal Le Goff, premier président, présent ce soir, et enfin l’école de musique qui a accompagné cette journée d’anniversaire. La mairie a également été citée ; on a d’ailleurs remarqué la présence de Madame le maire cet après-midi au concert de 17 h 00. En conclusion, Alain nous dit : « La musique, ça se vit, ça se partage et ça fait du bien ! ». Tout est dit !
Arrive alors sur scène Kévin Reveyrand et sa basse, « metteur en scène » de cet évènement. Il nous annonce l’absence de Sabrina Romero, heureusement remplacée par François Constantin. Jean-Pierre Como, entré en scène, commence le concert où seront entendus dix titres pour un anniversaire de dix ans ! Sous une lumière rouge (une des couleurs du festival et bien sûr la couleur du cœur), Primavera, écrite par Jean-Pierre, nous entraîne dans une joie où il chante aussi tandis que Kévin danse, Zaza et François s’installent.
Sophie Alour arrive et Comptine, qu’elle a composée, est introduite par Louis ; à la guitare, elle nous capte par sa musicalité sous une intensité lumineuse jaune variable.
Kévin, dont le prochain morceau B’N R a droit aussi à une intro de Louis à la guitare électrique, est baigné de lumières jaunes et vertes tournantes.
Un écrin fixe de spots rouges pour Tres Flores de Louis, long, très mélodieux, un de ces solos magiques, est enveloppé en fond de scène d’images fugaces violettes ; Paco n’est pas loin…
Pour sa composition Peniscola, Louis utilise son E-Bow* qui lui permet de nous offrir une vibration de ses cordes. Sixun est là… Jean-Pierre est super heureux, rit…
Sophie a composé Les Parents, lent, doux…, qui nous replonge dans une autre musicalité, sous des lumières fixes rouges.
Une rampe lumineuse de huit spots jaunes et quatre bleus sera le prochain habillage de Eole Blues de Louis, où Zaza nous offrira un de ses solos engagés.
Jean-Pierre a composé Dans mon cœur (rampe lumineuse rouge), qu’il introduit lentement, puis la gaieté arrive, puis le tumulte… magnifiquement entouré du groupe, à l’unisson de son plaisir de jouer et nous faire partager sa joie d’être ici. Kévin remercie alors Alain, les bénévoles, les auteurs du son et de la lumière.
Jean-Pierre a arrangé une œuvre d’un bassiste italien, Dario Deidda ; ses racines sont là et Chorino Amalfitano, rapide, joyeux, est une cavalcade endiablée, tous les musiciens souriant.
Puis Jean-Pierre, très enjoué ce soir, vient nous faire chanter avec lui, en bord de scène, une chanson sicilienne. Il retrouve son clavier pour nous laisser avec une composition de Kévin, Family, qui de lente devient dansante, emportant tout le groupe sous les lumières rouges et des faisceaux blancs qui balaient la scène et les premiers rangs.
Les artistes ont été magnifiquement mis en valeur par les techniciens du son et Sidonie qui, avec ses lumières très adaptées aux différents concerts proposés durant toutes ces années, nous permet des soirées mémorables. Voilà, les dix ans de ce « festival » ont été célébrés avec tous les composants habituels de ces concerts en dix saisons par une équipe hors pair qui n’oublie jamais le partage, la joie, l’amitié.
Le plaisir de jouer, de partager leur art, se voyait dans les sourires permanents de ce groupe unique de musique vivante… Merci !
Joyeux anniversaire à « Ça jazze fort à Francheville » et rendez-vous à l’automne pour la suite de cette belle aventure !
*: [NdlR : E-Bow : voir ici]
