Pas de chance : dix minutes avant le début du concert, une petite averse — vraiment minuscule — vient nous rafraîchir, et les bénévoles sont obligés d’installer une tente sur la scène. Dommage.
C’est donc le quartet Maracuja (fruit de la passion en brésilien), présenté par la flûtiste Amina Mezaache, qui ouvre avec délice cette onzième édition du Blue Motte Jazz.
Pour commencer, il est question d’une plage près de Recife. Yoan Fernandez nous offre un premier chorus de guitare de très belle facture, et Amina nous montre sa maîtrise de la flûte traversière. « Nous allons voyager », nous promet Amina. En tout cas, le début est réjouissant et prometteur.
Pour le second morceau, Amina joue du pifano (« tuyau » en portugais), flûte du Nordeste. Le morceau est entamé en solo au sousaphone par Fabien Debellefontaine.
Amina a composé un choro en hommage à Pixinguinha, le grand maître du choro, une pièce enlevée qui s’inspire des codes du genre avec des envolées de doubles croches.
Suit une reprise de Gilberto Gil, « un genre de blues du Brésil », nous indique Amina. Ici, Fabien Debellefontaine laisse son gros machin pour une flûte traversière. Nous avons donc deux flûtes en même temps sur la scène.
Amina enchaîne ensuite avec un hommage au génie de la musique brésilienne, Hermeto Pascoal, intitulé Hermetophonia, où le public est invité à participer en produisant des bruits d’animaux. Ou comment, d’une cacophonie, peut naître de la musique.
Pour le morceau suivant, ce sont deux flûtes piccolo qui débutent. Encore deux flûtes !
Et pour le dernier morceau, Amina joue de la flûte peule (Afrique de l’Ouest et centrale).
Le voyage promis est accompli, et de belle manière.
Les musiciens :
- Amina Mezaache: flûte
- Fabien Debellefontaine: sousaphone
- Yoan Fernandez: guitare
- François Collombon: batterie, percussions
