Vladimir Torres, contrebassiste, compositeur et longtemps sideman, a lancé son premier trio en 2020. Il en est aujourd’hui à son quatrième album, ici présenté avec un quintet. Au trio de base, Tom Moretti à la batterie et Martin Schiffmann au piano s’ajoutent le saxophoniste Hugo Diaz et le tromboniste Constantin Meyer.
Vladimir Torres va nous promener à travers plusieurs de ses albums.
Valencia Bilbao Granada (« Brujos », 2023), belle mise en musique des pérégrinations d’un groupe de musiciens sillonnant un pays dans le désordre pour honorer ses contrats, donne d’emblée le ton. C’est, pour le moins, mouvementé, et cela nous permet d’apprécier immédiatement la qualité du quintet sur scène. Étonnamment, Vladimir, le leader, reste en retrait, à sa place de contrebassiste.
A Song (« Rush », 2025) est une délicieuse ballade qui débute par un long solo de contrebasse, parfait pour apprécier toutes les qualités de Vladimir sur son instrument. Puis Hugo Diaz le rejoint avec quelques volutes aériennes de son sax soprano. Le quintet se resoude pour monter en tension, tandis que le piano émerge tout en douceur.
She Comes and Goes (« Brujos », 2023) est joué en quartet. Encore une belle énergie partagée, avec des moments calmes. Les compositions de Vladimir sont de belles peintures sonores.
The Leaving (« Inicial », 2020) est entamé par Martin Schiffmann seul au piano, dans une pièce dédiée au fils de Vladimir, dont il est séparé.
Dos Hermanos (« Rush », 2025) évoque la fratrie de ses deux fils, un thème récurrent chez Vladimir. C’est un morceau tumultueux et rythmé, à l’image de leurs turbulences. Il est joué en trio, et la connivence des trois musiciens se lit aux sourires échangés.
Toujours en trio, ils poursuivent avec Extrañando (« Brujos », 2023), un thème qui exploite pleinement les ressources du trio piano-basse-batterie.
Brooklyn Barbès (« Rush », 2025) est également entamé en trio avant que ne se reforme le quintet.
Strange Ways (« Inicial », 2020) est effectivement étrange : le morceau commence très « free », par des bruitages aux instruments et des sons enregistrés, avant que les choses ne s’ordonnent. Hugo Diaz joue à genoux devant son pédalier d’effets pour sortir un son de soprano très altéré ; le piano s’aventure dans des dissonances surprenantes. Tom Moretti et Vladimir Torres tiennent la baraque.
Sweet Gaza (« Brujos », 2023), morceau auquel Vladimir tient particulièrement, conclut ce set haut en couleurs et en rebondissements.
Le public est comblé. Il y aura un rappel, ce qui n’est que justice après un set aussi intense : Blackbird, des Beatles, tiré de Inicial (2020), en trio.
Les musiciens :
- Vladimir Torres: contrebasse, compositions
- Tom Moretti: batterie
- Martin Schiffmann: piano
- Hugo Diaz: saxophone
- Constantin Meyer: trombone
