21/08/2026 – Alfio Origlio « Nomades » à BatÔjazz

21/08/2026 – Alfio Origlio « Nomades » à BatÔjazz

Jazz au château avec BatÔjazz : une première soirée sous le signe de la liberté

Il fallait un écrin à la hauteur de la musique proposée pour cette première soirée du festival BatÔjazz. Dans les vieux murs du château de Mécoras, le temps semblait suspendu, tandis que la musique, elle, prenait son envol.

Pour ouvrir cette nouvelle édition, Alfio Origlio, pianiste et claviériste exceptionnel, président d’honneur du festival, avait choisi de présenter son projet « Nomades », entouré de trois musiciens complices et de la voix profonde de Paloma Pradal.

Sur scène, la liberté créative était au rendez-vous. Rémi Vignolo à la batterie, ses nouvelles amours, Pablos Contreras à la basse et Noé Reine, le fidèle, à la guitare, ont accompagné Alfio Origlio dans un véritable voyage musical, fait d’envolées sonores, de dialogues improvisés et de ruptures toujours maîtrisées. Une musique vivante, généreuse, où chacun trouve sa place tout en laissant la porte grande ouverte à l’inattendu.

Et puis il y avait Paloma Pradal. Formée très jeune aux ambiances et aux traditions du flamenco, la chanteuse a apporté au projet une couleur singulière. Sa voix profonde, habitée, parfois brûlante, est venue se mêler aux claviers et aux instruments, donnant aux compositions d’Alfio Origlio une dimension à la fois intime et spectaculaire.

Avec « Nomades », l’écriture d’Alfio Origlio s’est une nouvelle fois révélée dans toute sa richesse : une musique qui ne se laisse pas enfermer, qui voyage entre les influences, les rythmes et les émotions, et qui trouve sa force dans cette liberté laissée aux musiciens de se répondre et de créer ensemble.

Le public, conquis, ne s’y est pas trompé. Dans cette atmosphère particulière du château de Mécoras, les applaudissements ont salué une formation au sommet de son art et une soirée qui aura parfaitement lancé le festival.

Car BatÔjazz, c’est aussi une aventure humaine. Celle des bénévoles, toujours à fond, présents partout avec le sourire et l’énergie indispensables à la réussite d’un tel rendez-vous. Et celle de Laurent et Edith, propriétaires du château, visiblement ravis de voir leurs vieux murs reprendre vie le temps de ces soirées musicales.

 

[NdlR : merci à Matthieu Scheidecker pour le prêt de ses photos]

[NdlR : un peu plus tard, lundi matin, en fait, Philippe Simonci nous a fait parvenir sa chronique… alors nous la publions ici]

 

C’est la soirée des premières, ce vendredi pluvieux d’un mois caniculaire : premier concert de la douzième édition de BatÔjazz, première officielle du nouveau quintet du pianiste et compositeur Alfio Origlio, dans la formation qu’il a imaginée pour ce projet, et première en concert d’un piano numérique innovant fabriqué à Lyon (*).

C’est un quintet de la fidélité qui va, comme pour une master class, montrer ce que le mot « jazz » veut encore dire lorsqu’il n’est pas bafoué. Fidélité des amitiés humaines et musicales, avec un gang qui oscille entre vieux complices et jeunes pousses. Pour les vieux complices « de quarante ans », Alfio appelle souvent l’un de ses contrebassistes préférés, mais ce soir, c’est à la batterie que Rémi Vignolo va « booster grave » et sans faillir. Et les « jeunots », qui ne sont plus novices et qui sont déjà si souvent aux côtés du pianiste mentor : son voisin tout d’abord, Noé Reine, en très fine lame de la guitare, et Pablo Contreras, bassiste chilien impétueux, au son gros comme ça, venu s’installer en Dauphiné. Le compositeur souhaitait poursuivre son aventure avec des voix féminines et faire appel à celle dont il n’aura pas besoin d’être le mentor ; comme une cerise sur le gâteau, Paloma Pradal, avec qui il a souvent partagé les scènes, s’imposait tout naturellement.

Comme toujours et désormais, le pianiste/compositeur/arrangeur remet son ouvrage sur la planche et redonne ses compositions systématiquement réarrangées ; il faut dire aussi qu’elles sont si magnifiques que, même lorsqu’il est le pianiste invité d’un autre groupe, on lui demande de les reprendre : elles seront aussi au menu du dîner. Pour ce « Nomades », c’est Christèle Joly-Origlio qui aura posé les textes que Paloma va s’approprier, avec l’émotion dont elle sait user pour nous ensorceler à nouveau.

Rémi Vignolo est dynamisant en diable dès les premières notes et soli de tous ; il entretient une relation fusionnelle avec son ami leader : ils forment le duo singulier qui dirige et montre la voie à tenir. Le set aura démarré avec Ascendances, Ma note, Tes yeux, puis cette Ballade à Léo que Paloma s’approprie intimement, avec l’émotion infinie qui qualifie toutes ses interventions, et sur laquelle Noé prendra un solo magnifiquement développé.

Et cette « Tosca » obnubilante, elle aussi ! Le E lucevan le stelle est introduit au piano : des accords, des harmonies en variations, jusqu’au thème délicatement susurré ; la basse profonde s’immisce, et la voix, paroles en espagnol, s’envole vers l’improvisation et joue avec le piano ; la guitare en contrechant, comme un moment d’une grâce privilégiée, alors que la froideur et l’humidité de cette nuit d’été commencent à nous gagner.

La Didonade en rappel, pour ce quintet de la musique partagée avec amour et complicité, qu’il nous tarde déjà de revoir sur scène et dont on espère déjà qu’il passera également par un studio d’enregistrement.

 

(*) Le PHOENIX modèle S2 est un clavier/piano révolutionnaire qui se distingue de la concurrence en proposant, non pas des sons numérisés d’instruments acoustiques, mais en créant instantanément la note, avec toutes les harmonies de la table d’un « vrai piano » : c’est le travail de l’électronique et de ses algorithmes. L’effet est saisissant et tend à séduire les pianistes particulièrement exigeants ; Fadi Jabban, dirigeant de l’entreprise, assurait les réglages pendant la balance ; son sourire traduisait sa satisfaction pendant tout le concert… https://pianophoenix.com/

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