25/08/2026 – Swing ChroniQ à l’Imperial Festival

25/08/2026 – Swing ChroniQ à l’Imperial Festival

Le Swing ChroniQ est une formation annécienne de style manouche qui peut jouer en quartet ou en quintet, d’où le « Q » majuscule qui clôt le nom de celle-ci. Cette formation est récente, formée fin 2024, mais n’a pas perdu son temps pour monter un répertoire qui tient la route.

À jardin, la violoniste Élise Douylliez, professeure au C.R.R. d’Annecy, qui joue devant quelques-uns de ses élèves. Au centre, les deux guitaristes Philippe Bord (son mari) et François Lebrun, qui alternent lead et pompe, et à cour, le contrebassiste et arrangeur William Provent.

Cette formation affectionne les chansons d’un célèbre guitariste et chanteur moustachu et sétois. Le contrebassiste a réalisé de nombreux arrangements de son répertoire, et il nous sera donné d’en entendre un certain nombre ce soir, comme Le Temps ne fait rien à l’affaire ; (Les Amoureux des) Bancs publics (titre qui recueille d’emblée l’adhésion du public) ; La Mauvaise Réputation, jouée en fin de concert avec Nitcho Reinhardt (ce dernier se fend d’un chorus vif et coloré).

Arrive le moment « composition » avec le Rougaille Swing, écrit au retour d’un voyage à l’île de la Réunion.

Et le standard de jazz manouchisé : Honeysuckle Rose de Fats Waller.

Une composition devenue un standard de jazz manouche : Blue Drag de Josef Myrow (1932)… « qui avait pourtant une excellente vue » (sic !)

On passe forcément par des reprises de Django Reinhardt, comme Webster (1949, la marque de son premier magnétophone, appareil qui était assez rare à l’époque) ; Troublant Boléro (1948) ; Topsy (mais qui, à l’origine, était écrite pour Count Basie par Edgar Battle et Eddie Durham en 1937, et que Django a repris avec le fameux Quintette du Hot Club de France) ; Belleville (1946) ; Douce Ambiance (1942, avec quelques citations étranges) ; Viper’s Dream (composé par le saxophoniste Fletcher Henderson en 1935 et repris par le Quintette du Hot Club de France en 1937). Sur Swing 39 (1939 !, co-écrit avec Stéphane Grapelli), le quartet devient quintet en invitant Nitcho Reinhardt, arrivé en spectateur après le début du set: aucune balance, pas de réglage, le thème est attaqué direct, et Nitcho prend évidemment le premier chorus, brillant. Puis chacun prend un chorus. Il est fascinant de constater comment Nitcho s’est intégré en quelques instants dans le groupe : il observe avec attention les accords joués par ses comparses et se moule dans le jeu. Et puis, spontanément, son jeu énergise le tout, et le groupe se bonifie quasiment instantanément.

Rappel, il y aura un J’attendrai violonisant à souhait, avant de virer manouche.

Ce quartet (devenu quintet sur la fin) nous a offert un concert de belle facture, où l’esprit manouche qui règne sur la France depuis les années 1990 et surtout depuis 2010 (centenaire de la naissance de Django) a été dignement représenté et apprécié par le public de la terrasse de l’Impérial, pleine à craquer.

Les musiciens :

  • Élise Douylliez : violon
  • Philippe Bord : guitare « grande bouche »
  • François Lebrun : guitare
  • William Provent : contrebasse, arrangements
  • et en guest Nitcho Reinhardt : guitare

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