C’est un concert organisé par Jazz à Vienne, « La Saison #5 – Jazz au Musée », pour les Journées du patrimoine, en partenariat avec le Département de l’Isère et Alpes Is Here.
Quelle soirée dans ce lieu d’exception !
Quelle belle affluence pour ce concert de Rubinho Antunes, artiste désormais local, maintenant bien connu du public de Grenoble et des alentours.
Je vous dis « local » car il vit ici, mais c’est une petite plaisanterie : il a joué avec des grands de la scène internationale du jazz. Ce soir, avec Philippe Baden Powell, pianiste reconnu, et Adriano Tenório DD, percussionniste brésilien, nous avons vécu un concert d’exception.
L’exception vient de l’unité que nous a offerte ce trio.
Après une introduction au piano et à la trompette, le jeu d’Adriano DD, percussionniste inspiré et inspirant, ouvre une fenêtre sur un paysage où je chemine loin de tout, et Rubinho joue : c’est le fabuleux Sobre nos, une composition de Rubinho.
Leur musique, dès ce premier morceau, m’emmène dans un monde onirique. Je suis installée dans un transat ; c’est un jeudi soir si inattendu.
Le deuxième morceau sera plus bossa, d’une douceur brésilienne élégante. Philippe Baden Powell, parfaitement droit devant son piano, enchaîne les notes : c’est précis. Le rythme est un peu plus soutenu, plus Liberdade amada avec Adriano, mais toujours maîtrisé.
Ils poursuivent le concert avec une reprise de Milton Nascimento. Rubinho Antunes et Philippe Baden Powell nous offrent une introduction fascinante, une histoire encore. Le piano est là, et le final à la trompette suscite des applaudissements soutenus.
La lumière du jour baisse ; les lumières de la scène produisent leurs premiers effets. C’est encore la magie de l’instant présent. Le jeu de Rubinho ajoute un supplément d’âme à la cour de l’Ancien Évêché, et ces vieilles pierres sont un bel écrin pour Hues, une composition de Philippe Baden Powell.
Ces trois musiciens différents et vivants nous offrent un moment rare, partagé entre eux et nous. Parfois, Rubinho, concentré, regarde le ciel soyeux. Peut-être est-ce pour Dona Badra, sa composition, « en hommage à mama », dit-il. Dans une douce lenteur, le jeu de la trompette est poignant… Le jazz, musique vivante évocatrice d’émotions, c’est extra !
Ça fait du bien de partager leur musique dans la cour du musée, emplie de transats où les spectateurs sont assis, sous le charme du jeu des percussions et de la batterie, des doigts sur les touches du piano et sur les pistons de la trompette, ainsi que des sourires.
Un invité surprise, Alex Iacono, déclenche des sourires partagés avec un duo rythmé de congas et de batterie. Le plaisir de jouer est palpable.
À la lecture de ces quelques mots, vous en conviendrez, je suis sous le charme. Je suis donc repartie sur un nuage rendre visite à mes amis du Jazz Club de Grenoble, à deux pas d’ici. La saison démarre fort avec le Festi’Jazz 2026, où l’on peut retrouver Rubinho Antunes sur un autre projet.
Sortons !
