Saint-Héand (Loire), petit bourg de trois mille six cents âmes : une nouvelle équipe à la mairie et une première participation à l’épopée RhinoFestival.
Nicolle Rochelle, Américaine de quarante-sept ans vivant à Paris, est actrice, chanteuse et danseuse. Elle se présente avec son groupe Dimes (« dime », en argot américain, désigne une personne particulièrement attirante, parfaite) pour rendre un hommage vibrant à la Great Black American Music des années 60.
Son orchestre se met en place. Elle arrive presque en courant et démarre sur les chapeaux de roue avec un premier morceau, Gogo Power, qui fixe le style du groupe : des reprises d’un R’n’B vitaminé. Le deuxième titre, également de Sugar Pie DeSanto, est dans la même veine. Suit une rupture de tempo avec un troisième morceau de Sugar Pie DeSanto, It’s Done & Forgotten, une ballade bien soutenue, avec en bonus un chorus de saxophone ténor de Mathias Luszpinski, très applaudi. Changement de ton avec une chanson d’Ike et Tina Turner : la salle est surchauffée, on danserait déjà… L’énergie, toujours l’énergie : voilà le maître mot du groupe.
Nicolle Rochelle est entourée de Fabien Lippens à la guitare, Stéphane Barral à la basse, Gaël Petetin à la batterie et donc de Mathias Luszpinski au saxophone. Les morceaux se succèdent : Why I Sing the Blues, It Used to Hurt Me d’Ella Johnson — ça envoie tellement que Mathias casse la bride qui tient son instrument et doit trouver une solution de rechange ! Puis vient une longue série consacrée à Tina Turner : Game of Love, River Deep, Mountain High, jusqu’à Nickel and Dime, titre de leur dernier disque, dont le nom sonne comme « Nicolle and Dimes ».
Le saxophone déchire, la batterie donne le rythme, la guitare ouvre la voie, la basse accompagne et Nicolle, de sa voix puissante, fédère le public dans un tempo de folie. On danse dans les travées, les pieds bougent en rythme : c’est une ambiance de liesse… Tina Turner semble sur scène, accompagnée d’Etta James !
À In the Basement succède Cubana Jump — encore Tina Turner —, avant un retour à Etta James avec Do I Make Myself Clear. Sur Voodoo Woman, reprise de Koko Taylor, le saxophone de Mathias se déchaîne.
La fin du concert approche avec Little Taste of Soul. Toute la salle est debout. Gaël livre un solo de batterie, puis Fabien Lippens nous gratifie une nouvelle fois d’un superbe solo de guitare, très inspiré. Chacun y va de sa performance ; le saxophone de Mathias conclut le morceau. La salle est en feu. La voix de Nicolle, quelque part entre Etta James et Tina Turner, domine l’ensemble, et elle danse aussi bien qu’elle chante.
Mais voilà : après ce dernier morceau, la salle réclame un rappel. Nicolle se lance dans I Smell Trouble, un blues interprété par Tina Turner. On assiste alors à un dialogue entre sa voix et la guitare de Fabien. Finir en apothéose avec un saxophone déchaîné aurait été trop facile : le groupe offre un final de dingue avec I Want to Take You Higher, de Sly and the Family Stone, également repris par Tina Turner. Tout le monde se retrouve à nouveau debout, à danser et à battre des mains.
Abasourdi, au sens propre comme au figuré, le public repart en chantant dans sa tête son morceau favori. Coup d’essai, coup de maître pour Ludovic et le RhinoFestival.
Les musiciens :
- Nicolle Rochelle : voix
- Fabien Lippens : guitare
- Gaël Petetin : batterie
- Mathias Luszpinski : sax ténor
- Stéphane Barral : basse
