À Saint-Chamond ce soir, le Rhino Festival nous a préparé une soirée vitaminée avec Ana Carla Maza.
Après une présentation dynamique, dithyrambique, féminine, Ludovic Chazalon remercie Véolia, les bénévoles, les techniciens… qui permettent cette quarante-huitième édition. Il nous rappelle que c’est la troisième fois qu’Ana Carla Maza se produit dans le festival.
Après une intro au piano, elle arrive dans une robe volantée rouge vif, monobretelle, ornée de grosses fleurs, qui lui barre le dos. Pas de bijoux, mais des chaussures à talons argentées et un collant résille chair complètent cette apparition souriante.
Elle nous dit une première fois qu’elle était déjà là il y a dix ans, à Givors, dans le cadre de Rhinojazz(s). Sous des spots rouges et blancs qui officieront tout au long du concert avec entrain, elle entame son set à l’archet tandis que la trompette arrive, complétant le trio en place (claviers, congas et percussions, batterie).
Elle nous invite à son voyage imaginaire. Le public tape dans les mains. Elle évoque la vie à Cuba, la philosophie de la vie cubaine. Pour illustrer la clave cubaine, elle joue, elle danse. C’est Caribe : il n’y a pas que la salsa qui existe ! L’illustration en est faite par Cha cha chá, que l’on peut retrouver sur son album « Alamar », sorti le 27 mars 2026.
Elle frappe ensuite la caisse de son violoncelle avec son poing, parle des moments difficiles, de l’acceptation du deuil, de la poursuite de l’espoir… Le violoncelle joué à l’archet, avec un tempo lent des musiciens, exhorte le public à réfléchir… jusqu’à la reprise d’un rythme plus rapide.
Ana Carla profite du moment pour nous reparler de son concert d’il y a dix ans au Théâtre du Vieux Givors, toute seule avec son violoncelle (nous y étions), mais déjà avec une joie et un enthousiasme communicatifs. Elle remercie Ludovic pour sa confiance, danse, est heureuse.
Pour évoquer la Jamaïque, un reggae entraîne le public, qui chante en français, puis en espagnol. Ana Carla poursuit son show : en levant son instrument, elle pose trois questions destinées à garder le rythme : « Où sont les femmes ? Où sont les hommes ? Où sont les personnes qui aiment la vie et le violoncelle ? » Ce dernier est présenté comme son plus fidèle ami, avec qui elle a vécu quatre cents concerts, visité deux cent cinquante pays, avant qu’elle entame un hommage à Astor Piazzolla.
A tomar café, le morceau qui l’a fait connaître, lui permet encore de danser, tout en faisant applaudir les techniciens son et lumière, les bénévoles, le public… Un solo de trompette qui s’accélère, et elle dédie la suite aux amoureux, fait l’apologie des concerts, de la musique, fait encore chanter le public, fait allumer les téléphones, fait lever les spectateurs, reprend le violoncelle et chante en français Je t’ai aimé.
En rappel, après ce concert intense, souriant, positif, elle invite une trentaine de spectateurs pour un très long moment (peut-être un peu trop long pour finir un concert de cette qualité), tandis que tous se dandinent autour d’elle.
Après le spectacle, elle se prêtera volontiers aux photos, dédicaces, dialogues, avec la gentillesse qu’on lui connaît depuis ses débuts. Elle nous attend, nous a-t-elle répété, le 25 mai 2027 à l’Olympia !
