09/10/2026 – Kyle Eastwood Quintet « Eastwood by Eastwood » au Radiant-Bellevue pour le Rhino Festival

09/10/2026 – Kyle Eastwood Quintet « Eastwood by Eastwood » au Radiant-Bellevue pour le Rhino Festival

Pour une poignée de musiques de films…

Ce concert au Radiant Bellevue tombe à pic à la veille du démarrage du dix-septième Festival Lumière de Lyon & Métropole, festival de cinéma de Patrimoine dont la première édition en 2009 avait consacré le grand Clint Eastwood.

Son fiston Kyle Eastwood, contrebassiste de son état, a également démarré sa carrière artistique comme acteur dans Honky Tonk Man, neuvième film réalisé par son père en 1982. Le temps a passé, Clint, 96 aux fraises a cessé sa carrière de réalisateur il n’y a pas longtemps, et Kyle poursuit son chemin, après une dizaine d’albums sous son nom. Après Eastwood symphonic, le nouveau projet consacré une fois de plus à son daddy, Eastwood by Eastwood est basé sur le même répertoire de musiques des films de Clint mais interprétées en quintet.

Sous l’égide de la nouvelle édition du très pertinent festival de jazz Rhino Festival, programmé par Ludovic Chazalon, la soirée peuplée de nombreuses têtes blanches (les cinéphiles et les jazzeux se rejoignant en matière de génération…) s’ouvre avec un show assez classique à l’américaine, efficace, timé, bien rodé, qui ne laisse pas beaucoup de place aux surprises et à la fantaisie. Kyle Eastwood et ses compères pénètrent donc sur la scène caluirarde à pas de chat. Ce qui frappe d’abord visuellement c’est que l’instrument du contrebassiste est peu élégant. Le set démarre avec un Cool blues de Charlie Parker tiré évidemment du film « Bird » en 1988 et qui a permis à l’acteur Forest Whitaker d’obtenir un prix d’interprétation au Festival de Cannes. Le titre est interprété classiquement avec des 4/4 de batterie accompagnés d’un beau chorus de Kyle à la contrebasse. Il prend ensuite la parole pour dire qu’il est content de revenir à Lyon avec les musiques de son père et qu’il jouera aussi quelques nouvelles musiques.

Il en profite aussi pour présenter son quintet. Le thème suivant est tiré du film de 1975 « The Eighter Sanction » (La Sanction), réalisé par Georges Kennedy, dont la musique a été écrite par un des plus grands compositeurs de films américains, John Williams. Il est assez clair de relever que l’esthétique et le style de la musique des années 70 et 80 sied particulièrement bien à ce groupe, comme nous le verrons à plusieurs reprises dans la set list du jour. Ce titre met en valeur le trio rythmique et un beau light show en rouge et bleu, les soufflants disparaissant de la scène à la moitié (ce qui se reproduira à de nombreuses reprises au cours de la soirée : problème médical ou désintérêt du jeu de leurs petits camarades ?). Vient ensuite une composition du pianiste Andrew Mac Cormack Dear Paul dédié au contrebassiste Paul Chambers, puis deux créations du grand musicien pour le cinéma Lalo Schifrin : pour commencer le film « Dirty Harry », très controversé à l’époque de sa sortie (certains ont parlé de fascisme et de film droitier), mais dirigé par un grand réalisateur américain, le très sous-estimé Don Siegel en 1971. L’inspiration est très seventies avec une ligne rythmique très percutante, où Kyle Eastwood passe à la basse électrique. Le titre est enchaîné avec la B.O du film « Magnum Force » de 1973, réalisé par Ted Post, et il permet de mettre en valeur la puissance de feux du trompettiste Quentin Collins. Le morceau suivant est une dédicace à un autre grand compositeur de l’histoire du Jazz, Ray Brown Swinging with Ray, morceau plutôt interprété de façon classique mais avec une structure rythmique qui n’est pas sans rappeler le titre phare de Bobby Timmons, Moanin’, et qui va mettre en avant le pianiste de la formation qui interprète un beau et solide chorus. Le titre qui vient ensuite est une belle ballade écrite par Kyle et son père pour le film « Gran Torino », réalisé par Clint en 2008. L’interprétation démarre uniquement avec la contrebasse et le piano, suivi par Brandon Allen qui passe au soprano.

Vient le dernier morceau du concert avec une reprise du génialissime Ennio Morricone, « Pour une poignée de dollars », réalisé par le non moins génial Sergio Leone en 1964. C’est le meilleur moment du set avec un démarrage à la contrebasse seul sur scène, une superbe interprétation et un beau chorus de la batterie, on aurait envie d’avoir les images du film en même temps… Le seul et unique rappel va remettre le duo mythique Morricone/ Leone encore à l’honneur avec un film phare de 1968, « Le bon, la brute et le truand », qui n’a pas vieilli d’un pouce et qui est toujours aussi savoureux. Une soirée cinéphile sympa et nostalgique mais un peu trop classique et sans surprise, un tantinet vieillotte comme le public présent. On aurait aimé des relectures plus innovantes et sensibles pour célébrer la filmographie de Clint Eastwood, un des grands réalisateurs américains du cinéma mondial. Kyle semble trop impressionné par l’œuvre d’un des derniers géants d’Hollywood encore en vie, dommage !

Les musiciens :

  •  Kyle Eastwood : contrebasse, basse électrique
  • Andrew Mc Cormack : piano
  • Brandon Allen : saxophones tenor et soprano
  • Quentin Collins : trompette, bugle
  • Chris Higginbottom : batterie

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