15/10/2026 – Sandra Nkaké Trio « Elles » à La Mouche (Saint-Genis-Laval)

15/10/2026 – Sandra Nkaké Trio « Elles » à La Mouche (Saint-Genis-Laval)

Lumières sur « Elles »

Ce soir, le théâtre de La Mouche nous accueille pour un moment musical avec la talentueuse Sandra Nkaké. La maîtresse des lieux introduit le concert avec les remerciements habituels. Elle omet simplement, dans son discours, le partenaire de ce soir, le Rhino Festival, mais rassurez-vous : Sandra le fera merveilleusement bien (en chantant !) durant son set, elle qui a noué de vrais liens durables et d’assez longue date avec lui et ses acteurs… tout comme elle remerciera avec entrain Alain Le Dem au son et Diliana Vekhoff aux lumières. J’ai intitulé cette chronique « Lumières sur “Elles” », car, en effet, nous avons assisté à une mise en lumière exceptionnelle, très précise, très adaptée, de ces musiciens tout au long du spectacle.

On ne présente plus Sandra Nkaké, franco-camerounaise, ni sa révélation musicale en 2012, ni sa Victoire de la musique en 2024 pour sa voix puissante et singulière. Elle préfère certainement qu’on évoque son combat quotidien pour la liberté et l’émancipation, en partageant avec le public des moments de plaisir et de communication positive.

Ce soir, entourée de son fidèle Ji Drû avec sa flûte et de Paul Colomb avec son violoncelle, elle utilisera sa guitare et un bâton significatif. Ji Drû et Paul Colomb, connus pour leur excellence de jeu, leur polyvalence et leurs qualités humaines, formeront avec elle un trio parfait.

Derrière un rideau de fils blancs, utilisé ensuite pour la scénographie, se découvre Sandra, tout de vert vêtue, vert repris dans les chemises des musiciens, qui portent d’amples pantalons noirs. Le projet « Elles » regroupe, nous précise-t-elle, « des chansons écrites et composées par des femmes qui ont résonné en moi et qui ont accompagné mon chemin de vie ». Elle évoque, en opposition à notre monde « violent, rapide », l’envie « d’une ode à la douceur, à la lenteur, à la bienveillance ».

Caught a Long Wind de Feist sera le premier titre, précédant le syncopé Au Revoir de Jeanne Added. Le public est invité à chanter pour créer un espace de douceur et d’amitié dans No Fear de DeJ Loaf. Freedom, de Carleen Anderson, ce chant d’émancipation où Ji Drû nous offre une chorégraphie et où sa flûte semble s’envoler, permet à Sandra de parler d’un espace où toutes nos voix se mêlent, qui nous donne les clés pour « vivre sans peur ».

Le solo de flûte qui entame Trois Feuilles, de Sandra, est rejoint par le violoncelle ; l’alternance des deux musiciens met en valeur son texte engagé. Nuit Forêt, où le public est à nouveau sollicité, nous emmène dans l’univers de Laura Cahen ; She Walks Alone, de Sandra ; Running Up That Hill, de Kate Bush ; That’s All Right : autant d’occasions pour Sandra de montrer tout son engagement vocal et physique (elle se frappe la poitrine) et l’utilisation de son bâton, qui frappe le sol et impose le « rejet des injonctions ». Le poing levé, son chant avec le public se fait insistant. Elle évoque toutes les femmes qu’elle ressent en elle : « Je les entends », dit-elle. Pieds nus, elle frappe le bâton… elle nous fait chanter, la communion est parfaite. Elle redit l’importance d’accueillir, d’accompagner… et, en interprétant Cherokee Louise de Joni Mitchell, elle poursuit pour finir a cappella, descendue de scène avec Ji Drû, avec Fais Battre Ton Tambour d’Emily Loizeau.

Nous essaierons modestement de suivre l’exemple de cette grande artiste vraie et engagée, qui nous exhorte à avoir, comme elle et ses deux musiciens accompagnateurs, une vie tournée vers l’Autre, vers le partage, l’amitié, la communication.

Merci au Rhino Festival de nous donner à entendre ces artistes qui nous interrogent avec talent…

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