Pour sa deuxième édition, le festival de jazz Femmes du Monde, après Siân Pottok, avait invité Macha Gharibian, au piano et au chant, pour sa seconde soirée, celle du samedi soir. Elle est entourée de Dré Pallemaerts et Kenny Ruby pour la section rythmique, de Linda Olàh et Cynthia Abraham (en remplacement au pied levé de Léa Maria Fries) au chant et aux consoles électro, qui créent des nappes fines et enveloppantes, suffisamment discrètes mais présentes pour mettre en exergue les instruments et les voix.
Comme toujours dans les groupes que rassemble Macha Gharibian, la musique est un équilibre subtil entre les voix chantées et les voix instrumentales. Les polyrythmies savantes de Dré Pallemaerts, son jeu harmonique et la basse chantante de Kenny Ruby forment une assise idéale pour l’ensemble, dont la musique peut se déployer avec une grâce saisissante et chargée d’émotion. Le projet tourne autour du poème de Maya Angelou Phenomenal Women, que Macha Gharibian a mis en musique et qu’elle chantera vers la fin.
Avant cela, elle nous aura emmenés un peu partout dans le monde avec des chansons en plusieurs langues : ses propres compositions, You Love Her, Mana Mana, Celebrate (à noter un chorus vocal de Linda Olàh, également sur Phenomenal Women), Survoler la Lune, Petite Zibeline, et puis une série d’évocations : son père Dan Gharibian, avec son propre arrangement de Nare Nare, une chanson traditionnelle arménienne empruntée au répertoire de celui-ci ; Ya dirati de Farid El Atrach, pour évoquer la chanteuse syrienne Amsahan ; Sao Jorgina, dédié à Hermeto Pascoal ; et Nobreza du chanteur brésilien Djavan.
L’ensemble du concert est une merveille de sensations et d’émotions partagées où chacun des musiciens est partie prenante de l’ensemble. L’assemblage des trois tessitures vocales différentes est un miracle de fluidité et d’équilibre.
Le concert idéal pour le festival « Femmes du Monde », qui se veut accueillant et chaleureux et qui y réussit.
