Jean-Paul Boutellier, fondateur de Jazz à Vienne, a été invité par Mademoiselle Simone à choisir un musicien pour sa scène. Le club envisage en effet de lui confier chaque mois une « carte blanche », l’occasion pour lui d’inviter des musiciens de jazz qu’il apprécie. Un rendez-vous à suivre.
Pour cette première, et de façon assez inattendue, il a sorti de son chapeau pointu (turlututu) un pianiste barcelonais devenu une figure des festivals de boogie-woogie à travers le monde : Lluís Coloma.
Coloma joue en voyageur qui a roulé sa bosse dans toutes sortes de clubs et de jazz. Ses compositions rendent hommage à ses illustres prédécesseurs, d’Art Tatum à Ray Charles en passant par Jerry Lee Lewis, mais aussi à des lieux, comme le regretté Café Central de Madrid, longtemps l’une des adresses incontournables du jazz espagnol.
Le boogie reste le fil conducteur de son jeu : main gauche infatigable, basse roulante, sens du groove hérité des maîtres de Chicago. Mais les ballades et une certaine veine romantique ne sont pas absentes du programme. Il y a aussi des courses-poursuites dignes d’un dessin animé de Tom & Jerry, et ce mélange énergique du Vol du Bourdon de Rimski-Korsakov et d’un stride intense, où la virtuosité ne prend jamais le pas sur le plaisir.
C’est donc un pianiste singulier que l’on a pu entendre ce soir chez Mademoiselle Simone. Olivier Truchot, présent dans la salle, en est resté tout ébaubi, et nous avec lui.
Le set s’achève sur une évidence : le Swanee River Boogie d’Albert Ammons, dont la partition porte l’indication « as fast as possible ». Consigne respectée à la lettre, et la salle a pris un sacré coup de chaud.
[NdlR : ayant oublié mon sac de photo. j’ai dû me contenter de mon iPhone pour couvrir les images. Désolé !]
