Et si Chez Mademoiselle Simone devenait « The Place to Be » ? Les jeudis, vendredis et samedis, c’est « Dining in Jazz », les soirées se veulent « immersives où les artistes jouent à deux pas de votre table, en live ». Au 26 du cours de Verdun, Mademoiselle Simone a pris place dans un lieu chargé d’histoire, marqué par l’empreinte de la Mère Vittet, figure emblématique de la gastronomie lyonnaise et de son restaurant qui aura accueilli tant de musiciens et d’acteurs qui devaient manger au sortir de leurs spectacles.
Les aficionados avaient coché la date, le club, restaurant et bar affichait complet, j’ai assisté debout au premier set de la soirée. Il y a déjà quelques années qu’Olivier Truchot joue le piano ici, en leader ou en invité, en tous les cas, c’est un peu son deuxième salon de musique, il est ici chez lui. Pour cette occasion exceptionnelle, il a invité une connaissance de vingt ans : la magnifique saxophoniste Géraldine Laurent ; il aura constitué le trio qui va bien avec ses potes et fait appel au contrebassiste Vincent Girard et au batteur Clément Drigon. Au menu du dîner, il est question de jouer le répertoire de Cole Porter qu’ils auront convenu un peu avant le concert et rôdé aussi la veille. Ils donneront dans l’hyper standard du genre, mais il y aura aussi quelques diversions vers d’autres compositeurs. Évidemment, pour une première fois, il y a des imperfections, quelques hésitations, mais rien de grave en vérité, il faut se concentrer et faire abstraction parfois des bruits d’assiettes et des conversations un peu « sonores ». Madame l’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres Géraldine Laurent aura montré une fois encore son aisance, sa technique sans faille sur toute la tessiture de son alto, sa virtuosité époustouflante, son lyrisme et donné ses improvisations qui sont celles d’une très grande musicienne originale au service d’un jazz intemporel hérité des découvertes de Parker, Coltrane, Rollins, Dolphy, Shorter…
Le club/bar/resto était plein et multigénérationnel, ça rassure ; finalement, peut-être que Le Jazz n’a plus sa place sur les grandes scènes qui l’auront rejeté sous couvert d’une certaine rentabilité financière…
« Le jazz n’est pas seulement de la musique, c’est une façon d’être, une façon de penser. » Nina Simone
