On retrouve ici trois amis de longue date, complices depuis plus de trente ans. Alfio Origlio a convaincu Rémi Vignolo de revenir à son instrument premier : la contrebasse. Ce dernier joue ce soir sur une Charton démontable, d’esthétique toujours discutable mais au son irréprochable. Andy Barron, fidèle compagnon de route, est bien sûr à la batterie.
Le trio ouvre son set avec Ascendances, que le pianiste revisite presque entièrement comme à son habitude. Leur jeu est vif, nerveux, parfaitement synchronisé. Rémi se distingue par une main droite d’une puissance remarquable — un geste rare et maîtrisé.
Pour apporter un moment d’apaisement, Alfio enchaîne avec sa version de E lucevan le stelle, extrait de Tosca de Puccini. L’introduction, librement improvisée, respire la délicatesse et la sincérité. Le pianiste laisse transparaître toute l’émotion qu’il éprouve à jouer cette mélodie hors norme, tandis que les échanges de sourires avec Rémi témoignent d’une belle connivence.
Changement d’atmosphère avec une escapade vers l’Angleterre des Beatles : Norwegian Wood. Déjà joué il y a moins de deux semaines à l’Espace Morgado, le morceau sonne ici tout autrement — c’est là tout le charme du jazz et de ses musiciens.
La Sérénade à Loulou subit, elle aussi, une relecture énergique, marquée par la puissance qui traverse ce set du début à la fin.
Alfio présente ensuite sa toute dernière composition, Ma note, une douce ballade dédiée à sa compagne. Puis hommage obligé à son idole Herbie Hancock, avec Joanna’s Theme, interprété avec une élégance toute personnelle.
Les trois musiciens enchaînent sur Hollygramme, une composition de Rémi Vignolo, avant d’interpréter L’Acrobate, dédiée au regretté Sylvain Luc, “l’acrobate de la guitare”.
Le concert s’achève sur Bebob, clin d’œil double : au père d’Alfio, amateur de be-bop, et à son chien Bob. Sous les rappels nourris, le trio revient pour une version tout en douceur de La Javanaise, revisitée à la manière d’Alfio Origlio.
Les musiciens :
- Alfio Origlio: piano
- Rémi Vignolo: contrebasse
- Andy Barron: batterie
