28/03/2026 – Lou Rivaille & Christophe Waldner à l’Impro Morgon

28/03/2026 – Lou Rivaille & Christophe Waldner à l’Impro Morgon

Ou lorsque deux leaders se retrouvent au beau milieu des vignes du Beaujolais…
C’est tout d’abord un lieu qu’il nous faut découvrir : œuvre de quelques passionnés qui ont mis leurs moyens en commun pour s’offrir la possibilité de jouer, en amateurs éclairés, et d’accueillir, au gré des occasions, quelques musiciens qui comptent dans notre paysage jazzy. Nous sommes dans le hameau, dans un bâtiment de vigneron : une cave dont les tonneaux ont disparu, la voûte est haute, le gravier ocre du sol est bien réglé, des allées de graviers blancs sont dessinées, une large scène en planches de bois bien ajustées est dressée, la sonorisation installée à demeure avec tous les câblages nécessaires, et un ensemble d’éclairage modulaire judicieusement placé ; une soixantaine de sièges pliants, quelques petites tables pour poser son verre et/ou son assiette, un bar : tout ce qui fait un club, en mieux… Beaucoup d’établissements de nos « grandes villes » vont baver de jalousie.

Délaissant leurs groupes respectifs, ils se sont trouvés ; et ce soir, ce n’est ni un one shot ni une répétition. Le répertoire, ils l’ont sélectionné : c’est essentiellement celui de la chanson française, et pas forcément celle que l’on attend. Ils n’ont plus rien à prouver, mais ils nous montreront ce soir encore que la sensibilité fait bien partie de leurs univers.
La chanteuse Lou Rivaille, puisque c’est elle, est toujours à l’aise, avec un naturel presque désarmant : justesse, vibrato, sentiment.
Le pianiste Christophe Waldner, puisque c’est lui, sait merveilleusement écouter et proposer ses variations, qui font que ces chansons de variété, ils les métamorphosent, eux aussi, en pièces de jazz.
Ils m’auront surtout fait découvrir que des artistes que je n’écoute pas nécessairement (Zazie, Marie Laforêt, Julien Clerc ou encore Mylène Farmer) proposent également des mélodies et des textes aussi riches qu’inspirants.
Ils se sont bien trouvés, ces deux-là, qui improvisent évidemment aussi autour de ce répertoire qu’ils ont adopté, de ces deux originaux, et même dans leur magnifique Jardin d’hiver, ils ont à nous conter des nouveautés envoûtantes et libres.
Et il y a, comme nécessairement, ces standards « traditionnels » qui nous rassurent peut-être un peu, mais qu’il est toujours très délicat d’aborder avec autant de bonheur.
Aretha Franklin, avec I Say a Little Prayer, pour laquelle le clavier numérique aura retrouvé le son groovy du Fender Rhodes original et Lou les ornementations de cette soul music qu’elle aime ; ou encore les Beatles et leur Blackbird ; mais, beaucoup plus surprenant, cette ballade obsédante de John Coltrane, Lonnie’s Lament, dont je découvre qu’elle possède aussi un texte lyrique.
Envoûtement, liberté, onirisme, symbiose… et quelle facilité déconcertante !

Un auditoire acquis, mais attention : il est connaisseur, et pour preuve, il chante juste et bat la mesure en rythme. La communion est véritable… mais place à la jam session !

L’Impro Morgon est un club de passionnés de jazz alors la tradition veut qu’après chaque concert ait lieu une Jam. Ce soir elle est pilotée par la guitariste Nathalie Haltel qui  s’est entouré de cinq ou six musiciens pour débuter avec How insensitive LE tube d’Antônio Carlos Jobim. Suivront d’autres standards comme Night and day avec une certaine Adèle Bracco au ukulélé basse. D’autres titres appelleront d’autres musiciens amateurs tout heureux de faire le bœuf. La tradition est sauve.

 

 

Changement d’equipe pour Night and day avec une certaine Adele Braco au ukulele basse.

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