19/04/2026 – Quartet Crescent à Jazz en Avril

19/04/2026 – Quartet Crescent à Jazz en Avril

En ouverture de son édition 2026, Jazz en Avril reçoit le Quartet Crescent sur la scène de la Pépinière à Renaison. Eric Prost au saxophone ténor, Romain Nassini au piano, Greg Théveniau à la basse et Stéphane Foucher à la batterie entament le set par une ballade dynamique et néanmoins pleine de sensualité qui va s’emballer jusqu’à un paroxysme virtuose aux harmonies tendues à l’extrême.

Puis le calme et la douceur reviennent, la mélodie au saxophone se pose sur les nappes d’accords du piano. Le titre du morceau, Un nouvel ordre ou le chaos, nous en donne la clé de lecture.

La plupart des compositions du quartet se déroulent comme une suite où les ambiances se succèdent et s’entrelacent, jouent le contraste parfois mordant. Notes longues et raffinées, riffs à la puissance redoutable, gammes et arpèges altérés, rythmique efficace dans tous les registres, tout est parfaitement dosé. Si les grilles sont aussi surprenantes que les mélodies, les chorus intenses et inventifs tiennent le public en haleine de la première à la dernière note. Comme le précise Eric Prost, les quatre musiciens jouent ensemble depuis plusieurs décennies ; ils habitent littéralement les espaces de liberté qu’ils se créent, les improvisations sont généreuses et ludiques : la moindre sollicitation du soliste déclenche une réaction immédiate, renversement d’accord, phrase rageuse en écho, roulement de toms ou coup de cymbale ; la symbiose est parfaite.

Après For Brian, inspiré par Brian Blade à Greg Théveniau, une composition toute neuve de Romain Nassini laisse une large place au piano. Le thème est exposé en duo piano/ténor, le chorus de piano, lyrique et énergique prépare une entrée moelleuse au saxophone. L’improvisation de Greg à la basse joue avec les silences et les salves de notes, tout en maintenant la pulsation intacte. Belle prestation ! La coda sans fin (j’adore) démarre par un dialogue piano-batterie, puis la basse et le saxophone entrent en lice pour laisser libre cours à un solo de batterie brillant.

Tom & Johnny, hommage aux têtes pensantes de Radiohead, est l’occasion de pérégrinations harmoniques au saxophone, notes amples sur velours satiné, quelques banderilles dans les aigus et arpèges délicats au piano.

Back home, un peu plus « énervé » comme le dit Eric Prost, démarre sur une ligne de basse à la façon de Thelonious Monk, qui nous poursuivra pendant tout le morceau.

Rebirth of Mothra est un kaléidoscope de petites rengaines qui passent d’un instrument à l’autre, se superposent et se mélangent, aux airs de manga.

L’aurel pas clôture le concert et laisse augurer une savoureuse édition 2026 du festival Jazz en Avril.

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