C’est traditionnel : c’est l’événement valentinois autour du JAV Contreband, big band qui, comme tous les ans, concrétise son dernier projet original en clôture de la saison des concerts, et le SAV de Jazz-Rhone-Alpes.com assure comme il se doit…
Pour cette année, son emblématique directeur musical Pascal Berne aura construit le programme 2026 autour de « Chants de femmes », charismatiques, engagées, incontournables. C’est très tendance : Nina Simone, Janis Joplin, Sandra Nkaké, Miriam Makeba, Lady Gaga, Björk, Anne Sylvestre et Jeanne Added, et pas moins de six chanteuses, pour un seul chanteur sur le devant de la scène.
Le big band, à géométrie variable depuis une vingtaine d’années, compte ce soir vingt-huit musiciennes et musiciens venus d’univers musicaux différents. C’est l’une des missions du chef-arrangeur que de les faire cohabiter avec leurs identités propres, ce qui justifie, nous dira-t-il, qu’il adapte un peu son écriture en conséquence. À jardin, la section plutôt « classique » avec les cordes, les clarinettes, les flûtes, le basson et le piano ; à cour, la section des saxophones jazz et, dans le fond, comme en liaison, les cuivres eux aussi jazz avec les trompettes et les trombones ; au centre, un clavier, la batterie, et Pascal à la basse électrique.
Et les voix ? Ce seront tout d’abord celles des enseignantes du conservatoire, et c’est Fanette Pichon qui ouvre le bal en donnant Free Woman de Lady Gaga, puis Radiate de Jeanne Added. Julie Fallù redonnera vie à Half Moon de Janis Joplin, puis à Come Sunday, que le Duke écrivait pour Mahalia Jackson : puissance et émotion avec une chanteuse qui envoie. Yasmina Kachouche se glisse jusqu’au micro, tendrement et délicatement, pour son Feeling Good de Nina Simone, puis envoie du steak à son tour pour Janis à nouveau. Avec Gwenaëlle Baudin, retour dans la vieille Europe pour revivre, et on ne l’attendait pas forcément, celle que les musiciens appellent « la Patronne » : c’est Anne Sylvestre et son J’suis une traîneuse (Gwenaëlle et Pascal ont joué et chanté avec elle). Et, comme une sorte de défi, faire vivre le chant inuit traditionnel et les cris de Björk avec Hunter. Elles donneront, unies, en final ou presque, et tout naturellement, Four Women de Nina Simone… Les quatre chanteuses auront chanté chacune, à tour de rôle, une chanson plutôt tendre et une qui dépote, avant d’inviter sur scène trois de leurs élèves, comme un examen de passage pour finaliser leur cursus certifiant. Anaïs, Raphaël et Nathalie chantent Like a Buffalo, que le JAV Contreband avait donné et enregistré avec Sandra Nkaké, et sur lequel Pascal Berne a posé quelques touches orientales avec le violoncelle qui se prend pour un oud et la clarinette profonde, presque bavarde. Le final sera partagé avec le public debout et agité pour Pata Pata, le tube panafricain de Miriam Makeba, qui reste un unificateur universel.
Le travail d’arrangements distingués du « Patron » est cette année encore à la hauteur du projet, qui fait se côtoyer les instruments et les pupitres au-dessus desquels quelques solistes oseront improviser : la trompette, la clarinette, le violoncelle, la flûte… Le doigt levé, le chef dirige ses troupes attentives, aux ordres.
Mais quel sera le projet 2027 ? Il est certain que Pascal doit avoir sa petite idée ; patience… D’ici là, le big band a fort heureusement quelques concerts à son agenda. Et faire jouer une grande formation n’est pas évident : je vous incite à consulter le site qui leur donne la parole. On le sait, l’histoire l’a déjà montré cruellement, la santé économique joue un rôle premier dans leur existence souvent précaire : Grands Formats | Bienvenue sur le site de la fédération – Site officiel de la fédération Grands Formats.
[NdlR : merci au photographe Peter Schreiner pour le prêt de ses photos]
