Après le discours inaugural de rigueur où le président de l’Alliance Française de Lyon ne manque pas de rappeler l’attachement de la ville au jazz depuis plus de cent ans [NdlR: ce que les historiens pourraient contester] le jazz très libre du Michel Fernandez Quintet prend ses quartiers dans le nouvel espace culturel de l’Alliance Française de Lyon. Le hall d’accueil a été repensé pour pouvoir se transformer en salle de spectacle à la demande.
Pas de round d’observation. Michel Fernandez plante un chorus de haut vol avant de céder la place à son alter ego à l’alto Julien Chignier qui prend de suite son envol. Benoît Thevenot lui emboîte le pas. Ça démarre fort ! La forêt de Bougarabou y a laissé quelques feuilles.
François Gallix s’ouvre une fenêtre de liberté pour un solo très débridé qui se transforme en walking-bass avant que tous reviennent s’exprimer autour des mystères sylvestres. François joue dans un autre monde, il semble totalement envoûté par son instrument et la musique. Idem pour son intro sur Brumes.
L’esprit d’Archie (Shepp) est ensuite convoqué, autant dire que nos oreilles ont été pas mal remuées…. Et ça fait du bien !
Avec Archetype, Michel se lance dans une introduction dynamique et inspirée puis Julien prend sa part de lumière bien soutenu par la batterie métronomique de Nicolas Serret.
Sur Suspension, les sax jouent seuls et Michel donne pour consigne à son partenaire de jouer « libre ». Ils ne vont pas s’en priver.
Pour Park West, Michel invite une « guest star », rien moins que le guitariste Jean-Louis Almosnino qui va rester sur les deux derniers morceaux, jusqu’à la fin de ce concert. Le guitariste caméléon est ici aussi très à sa place.
Ce concert qui a repris en grande partie le dernier album du quintet, salué par la critique « Michel Fernandez Quintet Live au Hot Club de Lyon » (voir ici la chronique de Gérard Brunel) nous en aura donné une autre relecture, très tonique.
