13/05/2026 – Guillaume Barraud Quartet à Jazz dans le Bocage

13/05/2026 – Guillaume Barraud Quartet à Jazz dans le Bocage

Après quelques années passées en Inde, Guillaume Barraud a troqué sa guitare pour la flûte traversière indienne en bambou, le bansuri, qu’il connaît sur le bout des doigts.

Les musiciens sont très espacés sur cette grande scène et le contraste est grand avec le groupe précédent si chaleureux. La qualité des musiciens en revanche est bien présente.

Nous découvrons les rythmes si particuliers à l’Inde, des mesures à 13, 15 voire 27 temps (trois mesures à 7 temps et un à 6).

Raphaël Koerner derrière sa batterie gère parfaitement cette rythmique atypique et fait preuve de vélocité. Une grande dextérité à la basse électrique de la part de Guillaume Ruelland : il assure et maintient le tout.

Ils entament leur set par un hommage au Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin, formation pionnière de la fusion entre la musique indienne traditionnelle et le jazz, voire de la pop music. Il faut un peu de temps à nos oreilles pour passer du créole à la musique indienne, plus dans l’introspection.

Une ballade avec Aquarelle laisse Tam De Villiers improviser sur sa guitare suivi par Guillaume à la basse. On sent que les structures des morceaux sont complexes car, hormis Guillaume Barraud, chacun suit sa partition, ce qui enlève un peu de spontanéité au jeu même lors des chorus. Nous voyageons dans les différents modes mélodiques en fonction des moments de la journée comme le veut la musique indienne. Nous traversons Cortège d’étoiles, Ellipse pour plonger dans Lueurs naissantes, moment entre six et sept heures du matin, introduit magnifiquement au bansuri. On est dans son univers bientôt relayé par la basse et la guitare dans une écoute de chaque musicien.

Le morceau suivant, un peu plus rythmé avec Gouttes amères, permet à Guillaume de sortir un peu de sa zone de confort ; il sera bien suivi par la basse et la batterie avant un chorus de Tam. Nous finissons avec Convergence, composition à quinze temps nous permettant d’apprécier un beau solo du bassiste qui se poursuit avec une belle communion entre flûte et basse pour accompagner l’impro de guitare.

Un rappel nous laisse entendre un chorus de Raphaël sur Esprit Errant, qui termine brillamment ce voyage musical intérieur.

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