Le quartet présente ce soir un répertoire inédit, celui de son prochain album, « Yukundi » — du nom d’un pays antérieur à la Pangée. Le programme est annoncé : la narration sera hautement improbable.
Et effectivement. Canular ouvre le bal avec le Conno’sax, instrument hybride et facétieux, qui donne le ton. Les six hystmes décisifs démarre sur un solo de clavier déconcertant avant que le soprano et la basse ne rejoignent la danse. Soulage à l’Anouar, rebaptisé pour l’occasion Souficat, voit FdA s’arc-bouter sur sa clarinette basse, poussant le son dans ses retranchements.
Le set reprend son souffle avec Versalité vespérale, confié à la flûte : une parenthèse romantique et bien construite, l’un des moments les plus élégants du concert. Sport Rifts remet de l’énergie dans la salle avant Sur les rives du Yukundi, escapade géographique dans ce territoire imaginaire.
Le phacochère cacochyme — titre capillotracté s’il en est — débute par un solo de batterie tout en retenue avant de virer vers un second line de Nouvelle-Orléans, virage aussi inattendu que réjouissant. Le set s’achève sur L’ode à Anukisekmet, chant dédié à la déesse Gazelle-Lyonne, divinité tutélaire du Yukundi.
Avec ce nouveau répertoire, FdA et ses complices ont navigué entre les styles et les paysages avec une liberté assumée. Un set plaisant, et une géographie musicale à suivre.
