Pour l’ouverture de Jazz à Vienne 2026, la deuxième partie de soirée a été confiée à Stefano di Battista et son groupe. Avec un léger retard dû à l’artiste précédent qui a prolongé son set de vingt-cinq minutes, Fred Nardin s’installe au piano Steinway et donne le ton du set avec vigueur et virtuosité. Arrivent alors Stefano et ses saxophones, Daniele Sorrentino et sa contrebasse avec laquelle il fera corps tout au long du concert, Matteo Cutello et sa trompette, tous trois impeccablement vêtus de noir, tandis qu’André Ceccarelli, semblant tout droit sorti de son intérieur avec son ensemble blanc décontracté, s’installe derrière sa batterie.
Commence alors une succession d’œuvres que l’on retrouve principalement sur l’album « La Dolce Vita » paru le 3 mai 2024 (voir ici). Au sax alto, ce sera Tu vuὁ fa l’americano où Fred et Matteo nous gratifieront de solos virtuoses tandis que Stefano fait chanter le public. Comment ne pas être émus par l’évocateur La vita è bella où la trompette fait encore sonner des harmonies incroyables. Stefano nous parle du parcours de Matteo parti de sa Sicile natale avec son frère jumeau (tout aussi talentueux au saxo), leurs parents leur ayant permis d’étudier au Berklee College of Music de Boston, avec le résultat qu’on admire ce soir. Son introduction de Caruso de Lucio Dalla fait parcourir un frisson intense d’émotion positive par sa pureté et sa puissance tandis que Stefano le rejoint au soprano… Quel moment suspendu !
Encore un solo de Matteo pour Via con me de Paolo Conte rejoint par le groupe virtuose. Stefano à l’alto velouté permet de faire retomber un peu le pic d’émotion précédent. Il nous parle ensuite de Volare, sorte de « tube indispensable » pour un musicien romain (d’ailleurs imposé sur le dernier CD par sa productrice exécutive japonaise!). Il nous en offre une version bien différente du morceau tant entendu !
Pour parachever l’émotion, il évoque longuement sa rencontre avec Ennio Morricone qui lui a écrit un morceau. L’alto sera parfait pour Flora, prénom de sa fille chérie et comble de bonheur, celle-ci est présente ce soir, jour précis de ses dix huit ans, le public ne se privant pas de lui entonner instantanément un « Joyeux anniversaire ! ». Elle vient embrasser son Papa avant le morceau !
Voici les remerciements habituels… Un dernier morceau (ou pas…) avec The Good, the Bad and the Ugly présent dans le précédent album de 2021 « Morricone Stories ». Et voilà que Stefano fait installer un micro HF sur son saxo, et vient rencontrer longuement le public dans les gradins, rejoint par Matteo, les thèmes se succèdent d’Amarcord à Petite Fleur… entre autres… dégustés dans cette apothéose finale par au public qui, debout, en veut encore !
Gabriel’s oboe mettra un terme à cette première soirée enthousiasmante ! Ce concert spécial nous a a fait une fois de plus appréhender le talent, la générosité, l’humour et la communication avec le public de Stefano et ses musiciens avec qui il entretient une véritable osmose musicale.
