Souleance est chargé de clôturer le festival dans une ambiance festive. On ne parle plus de DJ — le terme semble désormais proscrit — mais de « beatmakers ». Soit ! Comme l’indique le site de Jazz à Vienne, « Souleance, c’est un duo de beatmakers ».
Le set démarre efficacement avec un classique d’Earth, Wind & Fire, groupe emblématique déjà passé à plusieurs reprises sur la scène du Théâtre Antique.
Très vite, les derniers irréductibles de cette « All Night » — qui, au passage, a perdu la mention « jazz » — investissent la fosse transformée en piste de danse. La régie lumière joue pleinement son rôle : une imposante boule à facettes descend des cintres, inondée de faisceaux lumineux. Effet disco immédiat.
La présentation officielle annonce : « réinventer le dancefloor avec du style, du funk, du jazz, de la soul et un certain sens du cool ». Soul, funk, disco — rien à redire. Jazz, en revanche, se fait plus discret… à moins de considérer la casquette de Pierre Fulgeance, l’un des deux Beatmakers, siglée « Jazz », comme un clin d’œil suffisant.
Au-delà de la performance — qui remplit parfaitement son rôle festif — la question de la cohérence artistique se pose. Clôturer un festival de jazz par un set majoritairement basé sur de la musique enregistrée et mixée, éloignée de l’esthétique jazz, peut laisser perplexe. Un point de vue qui n’engage que moi, bien entendu, d’autant que le public présent, lui, semble pleinement satisfait de ce moment de communion dansante.
On aurait pu rêver d’une autre formule. Il existe de nombreuses formations sans aller jusqu’à Vulfpeck qui auraient pu faire la maille, prenez par exemple le collectif proposé à 22h30 à Cybèle : Live House Collective by Émile Londonien & Astels ou plus près de nous Skokiaan Brass Band ; Djacques le Notaire ;The Buttshakers ; il y en a tant d’autres …
L’année prochaine qui sait ?
