06/07/2026 – Fatoumata Diawara & Angélique Kidjo « Les mères » par François Robin

06/07/2026 – Fatoumata Diawara & Angélique Kidjo « Les mères » par François Robin

« Bonjour Tonton ! »

Corine m’embrasse avec tendresse, tout sourire. À ses côtés, sa fille me dévore des yeux.

« C’est François, un grand ami de Papi. Il me connait depuis que je suis toute petite, tu sais, c’est lui qui dessine. »

En Afrique, les enfants appellent tout le monde « Tonton ».

Corine est la troisième d’une grande fratrie que j’ai connue lorsqu’ils étaient enfants, et j’avoue avoir été un peu surpris, la première fois que je les ai revus, par cette marque d’affection toute particulière. Je connais François, le papa camerounais, depuis longtemps, alors que j’étais étudiant à Paris. Avec lui, nous avons beaucoup fait de musique. Du gospel, ce qui était notre portail commun, mais aussi du jazz, auquel il m’a initié. Nous nous sommes ensuite perdus de vue, mais lorsqu’il a épousé une Ardéchoise, il m’a invité à son mariage, et nous avons repris la musique. J’ai vu arriver ensuite un à un tous ces petits métis. Lorsque nous répétions dans le sous-sol de la grande maison familiale, ils venaient toujours écouter à un moment ou un autre, et grimpaient sur nos genoux. Une grande famille dont nous faisions partie, avec ma femme.

On dit qu’en Afrique, il faut tout un village pour élever un enfant. Il faut aussi toute la planète pour que l’humanité puisse grandir.

Les soirées estampillées « Afrique » au festival de Jazz à Vienne ont toujours la cote. 

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