Quatorze au dix-huit juillet 2026
Me voici de retour au festival Guitare en Scène pour sa dix-neuvième édition.
Cette année encore, l’affiche fait la part belle à la guitare sous toutes ses formes, avec une place de choix accordée au blues et au jazz.
Mardi 14 juillet
C’est sous une chaleur étouffante — la canicule n’ayant pas épargné la Haute-Savoie — que le festival ouvre ses portes. Il est 17 h 30 et les bars sont déjà pris d’assaut par un public impatient de retrouver l’ambiance si particulière de Saint-Julien-en-Genevois.
Au fond du site, sur la scène libre, les premières notes de cette édition 2026 résonnent avec Florian Desbaillet, guitariste solitaire et spécialiste du fingerstyle, une technique mêlant tapping, picking et percussions jouées directement sur la caisse de la guitare acoustique.
La démonstration est impressionnante. Son répertoire alterne compositions personnelles et arrangements inspirés de classiques rock, folk et jazz. Une très belle entrée en matière qui plonge immédiatement le public dans l’univers du festival.
Direction ensuite la scène Village pour découvrir Taj Farrant, jeune prodige australien de seulement seize ans.
Taj fait partie de ces musiciens précoces dont les vidéos ont fait le tour des réseaux sociaux. On peut notamment le retrouver sur YouTube dès l’âge de neuf ans dans Australia’s Got Talent, puis quelques années plus tard reprenant avec une étonnante maturité les plus grands guitar heroes.
Pour cette tournée, il est entouré d’un groupe composé de musiciens de sa génération. Dès les premiers morceaux, le jeune guitariste impressionne par sa maîtrise technique, son énergie et son aisance. Son jeu est déjà très affirmé et sa setlist s’appuie essentiellement sur des standards de blues revisités avec fougue.
En revanche, son groupe manque encore de maturité. Le second guitariste semble paralysé par le trac et la claviériste peine à trouver sa place sur scène, donnant parfois l’impression d’assister au concert d’une excellente école de musique plutôt qu’à celui d’un artiste déjà lancé sur la scène internationale.
Heureusement, les solos ravageurs de Taj Farrant remettent immédiatement tout le monde d’accord. À seulement seize ans, il possède déjà une véritable personnalité musicale. Retenez bien son nom : avec une section rythmique plus expérimentée, il pourrait rapidement devenir l’une des figures incontournables de la nouvelle génération du blues-rock.
À 20 h 15, changement d’ambiance avec l’arrivée de Gregory Porter sur la grande scène.
Le chanteur américain livre une prestation fidèle à ce qu’il propose depuis plusieurs années. Ceux qui suivent régulièrement les festivals de jazz connaissent déjà cette formule et un répertoire désormais bien installé.
Si le concert reste d’une très grande qualité, on peut néanmoins s’interroger sur sa présence dans un festival consacré à la guitare. On aurait aimé découvrir un projet inédit mettant davantage en avant un guitariste de jazz. Finalement, Gregory Porter nous offre… du Gregory Porter, sans véritable surprise.
À 22 h 30, c’est au tour de Ben Harper de monter sur la grande scène.
Malheureusement, aucun photographe n’a pu couvrir le concert. Les médias présents ont collectivement refusé de signer un contrat jugé abusif, leur retirant leurs droits d’auteur tout en autorisant la production à utiliser librement leurs images à des fins promotionnelles ou commerciales. Une situation regrettable qui prive cette prestation d’une couverture photographique digne de ce nom.
À 0 h 05, retour sur la scène Village pour le dernier concert de cette première soirée avec Sarah Brown.
La chanteuse britannique, connue pour avoir accompagné des artistes légendaires tels que Pink Floyd, Stevie Wonder ou Simply Red, avait été remarquée l’an dernier lors du concert de Simple Minds par Jacques Falda, président et fondateur de Guitare en Scène (voir ici). Séduit par sa prestation, il l’a invitée à rejoindre la programmation 2026.
Là encore, les guitares ne sont pas au premier plan, mais Sarah Brown séduit immédiatement par sa voix puissante, son élégance et sa remarquable maîtrise vocale. Accompagnée de musiciens de très haut niveau, elle offre un véritable moment de jazz et de gospel.
On retiendra notamment deux magnifiques interprétations de Summertime et Amazing Grace, chaleureusement saluées par le public.
Cette première journée, largement tournée vers le blues et le jazz, s’achève sur une note particulièrement élégante.
14/07/2026 – Galerie Florian Desbaillet
14/07/2026 – Galerie Taj Farrant
14/07/2026 – Galerie Gregory Porter
14/07/2026 – Galerie Ben Harper
14/07/2026 – Galerie Sarah Brown
15 au 18 juillet
La suite du festival allait combler tous les amoureux de la guitare avec une programmation particulièrement éclectique : The Pixies, Franck Carducci & The Fantastic Squad pour le rock, Airbourne et Steel Panther pour le hard rock, Kool & The Gang pour le funk, ou encore John Butler, dont le style navigue avec talent entre folk, blues, reggae et rock.
L’une des soirées les plus attendues était sans conteste le spectacle This Is Michael, hommage au Roi de la Pop. Pendant près de deux heures, chanteurs et danseurs redonnent vie aux plus grands concerts de Michael Jackson dans une mise en scène spectaculaire.
La cerise sur le gâteau est sans aucun doute la présence de Jennifer Batten, la guitariste emblématique de Michael Jackson. Ses interventions rappellent avec émotion les solos qui ont marqué les tournées du King of Pop et ravivent de nombreux souvenirs chez les spectateurs.
Les amateurs de blues n’ont pas été oubliés. Le jeune guitariste français Pacôme Rotondo, originaire de la région de Roanne, a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui. Nourri des influences de Jimi Hendrix, Rory Gallagher ou Gary Moore, il propose un blues-rock moderne porté par des compositions solides et des solos aussi expressifs que puissants. Une très belle découverte.
Déjà remarqué deux semaines auparavant au festival Jazz à Vienne (voir ici), Fantastic Negrito a, lui aussi, conquis le public de Guitare en Scène. Son mélange explosif de blues, de funk, de soul et de rock a fait mouche, offrant l’un des concerts les plus énergiques de cette édition.
Autre valeur sûre : Manu Lanvin. Entouré de son groupe habituel, enrichi pour l’occasion d’une section cuivres composée d’un saxophone et d’une trompette, il a livré une prestation généreuse construite autour des morceaux de son dernier album, sans oublier les titres qui ont fait sa réputation. Sa voix rocailleuse et son jeu de guitare toujours aussi incisif ont une nouvelle fois fait merveille.
Enfin, le moment que j’attendais avec le plus d’impatience : Robben Ford.
Le légendaire guitariste américain a démontré, une fois encore, pourquoi il est considéré comme l’un des maîtres du blues contemporain. Son jeu, où le blues rencontre le jazz avec une élégance et une musicalité exceptionnelles, a constitué l’un des sommets de cette dix-neuvième édition.
Le plaisir fut d’autant plus grand que j’avais eu la chance d’assister, quelques heures auparavant, à sa master class. Un moment privilégié qui rend son concert encore plus mémorable.
Une fois encore, Guitare en Scène confirme qu’il est bien plus qu’un simple festival : c’est un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux de la guitare.
Il ne reste plus qu’à patienter jusqu’à l’année prochaine, qui marquera un anniversaire très attendu : la vingtième édition. Une chose est sûre, nous y serons.
Pour moi qui couvre Guitare en Scène depuis de nombreuses années, ce festival reste un lieu unique où l’on vient autant pour écouter de grands artistes que pour partager une passion commune. Rendez-vous en 2027 pour souffler les vingt bougies de cette aventure musicale.
