24/08/2026 – Francesca Tandoi Trio à l’Imperial Festival

24/08/2026 – Francesca Tandoi Trio à l’Imperial Festival

La pianiste italienne Francesca Tandoi a les honneurs de la grande salle de l’Europe dans le cadre de cet Imperial Annecy Festival.

Dès le premier morceau, on comprend que l’on va assister à un concert de très belle qualité. Le contrebassiste Matheus Nicolaiewsky nous sert un premier solo de haut niveau, sans forcer. On apprendra plus tard qu’il s’agissait d’une reprise de Oceano du Brésilien Djavan.

Second morceau entamé au piano seul, une dentelle finement ciselée, accompagnée ensuite avec élégance et douceur par la batterie et la contrebasse. Ce trio est un bloc massif, soudé comme rarement.

Ensuite, Francesca propose deux compositions dédiées à deux musiciens qui l’ont inspirée et guidée dans sa démarche. Tout d’abord le pianiste Bobby Timons, auteur, au sein des Jazz Messengers d’Art Blakey, de l’immortel Moanin’, avec Ninaom (Moanin’ à l’envers), dont on perçoit nettement l’inspiration. Les spécialistes indiquent qu’il s’agit d’un « contrafact »* de Moanin’.

Et Dizzy Gillespie avec Bop Web, qui s’inspire du tube Be-Bop de Gillespie : un déferlement de notes bien ordonnées, où l’on apprécie la vitesse et la précision des longues et fines mains de la pianiste. Puis c’est au tour du batteur Sander Smeets de se lâcher sur un solo bien énervé et très applaudi. Leur interprétation pose un swing particulièrement saisissant, avec Nicolaiewsky et Smeets formant une section rythmique très dynamique.

Retour à la douceur avec une ballade amorcée au piano seul, avant que Francesca ne se mette à chanter, de sa voix fluette, Eu Sei Que Vou Te Amar d’Antônio Carlos Jobim.

Francesca évoque son trio, avec lequel elle joue depuis onze ans : bel exemple de fidélité et de complicité. Ils ont fréquenté la même école, le Royal Conservatory de La Haye, et sont devenus avec le temps de vrais amis.

Elle reprend ensuite le célèbre Água de beber de Jobim dans un arrangement très personnel et respectueux, mais qui pulse grave. C’est marrant de passer ce morceau à la moulinette du bop.

Arrive la surprise de la soirée : elle chante en duo avec son batteur Teach Me Tonight. Surprise, le batteur chante superbement bien. Encore un gros swing qui pousse nos pieds à bouger sans que l’on s’en rende compte. Et en prime, une magnifique complicité entre ces musiciens.

Puis Francesca reprend en solo piano-voix Overjoyed d’un autre musicien qui l’inspire, Stevie Wonder.

Fin du set avec le morceau Good Night Blues, le bien nommé. Les influences boogie sont bien présentes.

Le public est debout pour les applaudir.

Le rappel se fera avec un Estate, langoureux à souhait.

On comprend pourquoi Monty Alexander l’a adoubé, il trouve en elle son jeune pendant féminin : technique inoxydable, sens rythmique aigu, influences multiples.: « Francesca Tandoi est une pianiste au goût musical exceptionnel et dotée d’un grand sens du swing. Sa voix est raffinée ; elle sait composer des mélodies inoubliables et arranger la musique de manière extrêmement sophistiquée. »

Les musiciens :

  • Francesca Tandoi (Italie) : piano, voix
  • Sander Smeets (Pays-Bas) : batterie
  • Matheus Nicolaiewsky (Brésil) : contrebasse

 

*: Un contrafact est une nouvelle composition écrite sur la grille d’accords d’un morceau déjà existant. La mélodie, le titre et souvent le caractère du morceau changent, mais l’enchaînement harmonique sert de base. (source Wikipédia)

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