Cela fait quelques années que le Rhino Festival n’avait pas fait Escale à Veauche. C’est désormais chose réparée, et Ludovic Chazalon précise que la dynamique veauchienne est repartie.
« L’Escale », à Veauche, est une grande salle de plus de cinq cents places, dotée d’une scène immense qui convient parfaitement à Thomas Kahn et à ses musiciens. Thomas a besoin d’espace pour s’exprimer : il parcourt la scène de long en large tout au long du concert. Celle-ci ne lui suffisant pas, il n’hésite pas à descendre dans le parterre pour être encore plus près de son public. Il a vraiment besoin de cette proximité, et le public le lui rend bien.
Thomas Kahn est un chanteur, et pas n’importe lequel. Après des galères, des petits boulots et des sets dans le métro, il est repéré grâce à The Voice en 2015, ce qui lance sa carrière. Celle-ci prend une nouvelle dimension avec l’album bien nommé « This Is Real », en 2022. Sa profession de foi : la soul, avec une majuscule ; ses icônes : Otis Redding, Al Green, Charles Bradley et d’autres. Sa voix est grave et légèrement cassée. Mais voilà : elle est fragile. Il la perd en 2024, subit une opération des cordes vocales et doit réapprendre à l’utiliser. Après la confrontation avec son propre silence vient la renaissance, avec ce nouvel album, « Undertones », sorti… hier !
La présentation en concert de son nouvel opus, ce soir à Veauche, est donc une première.
Les sept musiciens se mettent en place. Thomas Kahn entre en scène, son éternel bonnet vissé sur le crâne.
Après l’introduction musicale, il nous plonge dans le nouvel univers d’« Undertones » avec le vibrant Hope Is Gone(2). On passe à deux titres de « This Is Real », des morceaux bien vitaminés, avant d’attaquer la première ballade, More Than Sunshine(1). Suit I Will Stand(2), autre chanson très intériorisée.
Il est temps de revenir à la soul « pur sucre » de Kahn avec cet excellent Fly Me(2). Puis Thomas nous explique que Try to See Further(1) a été écrite lors d’une tournée aux Caraïbes : le lieu était assurément inspirant. La section de cuivres descend alors dans la salle et parcourt les escaliers. Ce qui devait arriver arrive : le public se lève, rejoint les musiciens dans le parterre et communie avec Thomas et son groupe. Il évoque avec vigueur son mentor Otis Redding et reprend l’un de ses plus grands tubes.
Pour calmer le jeu, Sébastien Depeige présente un solo de bugle avant que Thomas n’enchaîne sur un Hope Is Gone(2) tout en sensibilité. (« Hope is the promise land… »)
Après quelques titres de « This Is Real », My World(2) clôt ce set sur une touche pleine d’énergie. Le public est embarqué. Les musiciens ont été excellents de bout en bout.
Pas de salut : les musiciens quittent la scène.
Il y aura forcément un rappel, avec pas moins de quatre titres.
Cela débute par une reprise intense de Sometimes I Feel Like a Motherless Child, un chant traditionnel vieux de plusieurs siècles, suivie d’un inédit, Go Back Home. Puis l’on revient à la soul avec I Won’t Let You Down(2), pour finir sur You and Me(2), où le public est mis à contribution et s’y prête de bonne grâce.
Ce premier concert d’une tournée
Les musiciens :
- Thomas Kahn : voix
- Julien Filhol : guitare
- Éric Pigeon : saxophone
- Thomas Perier : claviers
- Baptiste Onzon : batterie
- Alexandre Lafforgue : basse
- Léo Moulin : saxophone
- Sébastien Depeige : trompette
(1) « This Is Real » (2022)
(2) « Undertones » (2026)
