06/10/2026 – Spin & Spells et Stranded Horses à Oullins pour le Rhino Festival

06/10/2026 – Spin & Spells et Stranded Horses à Oullins pour le Rhino Festival

Folklore universel

Ce soir le Rhino nous offre un partenariat avec le théâtre de la Renaissance à Oullins. Le folklore est présent dans tous ses aspects : cette science du peuple qui mêle tradition, croyances, fêtes est abordé dans ses pratiques culturelles diverses.

Devant le public assis confortablement dans les sièges rouges disposés pour l’occasion en arc de cercle, les deux directeurs (de la Renaissance et du Rhino Festival) nous présentent brièvement les projets Spin & Spells (Sorts et rotations) et  Stranded Horses (Chevaux échoués).

Spin & Spells

Spin & Spells est le projet impulsé par Rafaëlle Rinaudo : avec sa harpe électrique. Cette artiste diplômée du conservatoire supérieur de Paris a élaboré son dispositif de harpe électro-acoustique à La Haye, puis a créé son univers innovant pendant une résidence à Brest… ce qui lui a forgé une sensibilité traditionnelle, jazz, rock, punk. Elle s’entoure de Simon Winse avec sa flûte peul et son n’goni (instrument traditionnel de l’Afrique de l’ouest, harpe-luth du Mali, sa signification en bambara est « instrument des jeunes hommes »). Celui-ci navigue entre Bretagne et Burkina Faso. Quant au troisième musicien, nous entendrons Raphaël Quenehen qui outre sa pratique du saxophone, chante et use de percussions. On avait pu le remarquer avec Papanosh, groupe flirtant avec underground new-yorkais et mélodies folkloriques.

Rafaëlle compare la harpe et la kora, instruments jumeaux pour annoncer Les comparaisons, joue ensuite Brest même rebaptisé Oullins même, jeu de mots que les Bretons comprendront. Simon utilise sa flûte peul et chante, Raphaël joue des percussions. Rafaëlle prend sa « baguette magique » pour faire descendre la magie sur Oullins en appelant les « gardiens de l’est, du sud, de l’ouest et du nord… dans le cercle, sont convoqués l’eau, le feu, la terre… Ce sera Aguereton : Simon chante, Raphaël frappe le tambourin tout en finesse, Simon frappe le bois de son n’goni en rythme, Rafaëlle frappe ses cordes avec sa baguette, les trois chantant Aguereton…

Le saxophone introduit le morceau suivant, la harpe le rejoint, Simon parle doucement, le tempo est repris avec métronomie. Rafaëlle appelle l’aube, prière pour que reculent à jamais les idées du R.N. . Le bec du saxophone se fixe sur un long tuyau flexible, un son en sort, il sert ensuite de sorte de lasso sonore… Simon prend la maraca, finit le morceau à la flûte, tandis que Raphaël utilise des cloches, le rythme breton s’accélère pour finir apaisé. Ensuite, le saxophoniste utilise la flûte à bec et y rajoute une flûte à coulisse. Le moment est gai et la fin très enlevée !

Le projet Spin & Spells nous aura offert un moment de virtuosité, de grâce musicale, de fête, de communication entre les musiciens et avec le public conquis par la chaleur de ce moment.

[Ndlr : Merci à Dominic Saliba pour le prêt des photos]

Stranded Horse

Après un entracte nous permettant de redescendre de ce moment suspendu, nous accueillons Stranded Horses, duo tout aussi ouvert aux influences mondiales. Yann Tambour compose à la guitare mais joue aussi de la kora, en faisant un travail important d’harmonie. Depuis 2012, il collabore avec Boubakar Cissokho, espoir sénégalais de la kora, fils du chef de l’orchestre national à Dakar et cousin de Ballaké Cissokho avec qui il a étudié pendant sept ans avant de rejoindre sur scène Toumani Diabaté. Le duo va nous proposer ce soir une fusion entre folk et musique mandingue.

Les deux koras entament le set, tandis que Yann chante en anglais, pour les deux premiers morceaux, prend ensuite sa guitare, chante toujours en anglais… Il s’essaie à une interaction laborieuse  avec le public, reprend sa guitare pour deux chansons accompagné de l’expressif Boubacar. Yann reprend la kora, chante en français pour  finir en anglais.

C’est alors que Boubacar, seul avec sa kora, nous enchante avec son jeu expressif et mélodieux, il chante doucement, fait chanter le public, c’est une parenthèse positive fort appréciée… Yann revient avec sa guitare, annonce « le morceau le plus plombant » ! Puis pour le dernier morceau, guitare et kora se répondent de plus en plus rapidement. Un rappel demandé sera une forme d’échange avec le public qui répond « Oh » lorsque le duo scande « Apocalypse »… 

Bretagne, Afrique, Monde… ce soir la musique et le folklore étaient universels et finalement le Rhino a vécu une forme de Renaissance en retrouvant ses racines africaines !

[Ndlr : Merci à Dominic Saliba pour le prêt des photos]

 

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