En ouverture de cette première soirée du « Forum Incandescente » (voir ici) organisé par Jazz(s)RA et les Canut·es, Joséphine Grollemund, co-présidente de Jazz(s)RA, présente le projet de ce forum qui s’intéresse à la place des femmes sur nos scènes et s’appuie sur des marraines, dont Sandrine Marchetti, qui a accompagné le collectif de ce soir. La flûtiste et chanteuse Juliette Spano prend ensuite la parole pour présenter ce collectif, les Incandescentes, attendu en seconde partie de soirée.
C’est donc Sandrine Marchetti qui ouvre le bal, seule face à son piano. Elle présente son projet « Conteuses », consacré aux compositrices trop souvent restées dans l’ombre, un sujet que Jean-Paul Boutellier avait déjà abordé lors d’une conférence il y a quelques années.
Au fil du set, elle fait dialoguer ses propres compositions avec celles de compositrices qui, au fond, ne sont pas si invisibles que ça. Elle commence par deux de ses pièces, Lueurs puis Neige, et enchaîne avec Holiday Blessings d’Aziza Mustafa Zadeh. Carla Bley est ensuite à l’honneur avec Lawns et Up and Down.
Vient alors Conteuses, qui donne son nom au projet. Ce morceau rend hommage à sa mère, qui lui racontait des histoires sans fin. Sandrine Marchetti passe ensuite par Kool Bongo de Mary Lou Williams, revient à son répertoire avec Lignes, puis conclut sur Choro Dançado de Maria Schneider.
En rappel, elle offre une dernière composition personnelle : Sur un fil.
Un set d’un bel équilibre, empreint d’un grand romantisme, qui invite à l’évasion intérieure.
C’est un tout nouveau collectif qui nous est présenté ce soir au Périscope « Les Incandescentes ». Nous aurions dû le découvrir le 21 août dernier à Donzère, dans le cadre de Parfum de Jazz, mais la météo avait eu l’impolitesse de le contraindre à déclarer forfait.
Le collectif est entièrement féminin, ce qui reste assez rare pour mériter d’être signalé. Il a pu construire un répertoire original grâce au soutien de Jazz(s)RA et de plusieurs diffuseurs, qui l’ont accueilli lors de différentes résidences d’artistes. Plusieurs musiciennes sont arrivées avec leurs propres compositions, puis les ont adaptées au format sextet. Il en ressort un foisonnement de sensibilités diverses, toutes originales.
Le concert s’ouvre sur Sirens, de Becky Pendlebury. Le début est très folk : Becky chante en s’accompagnant à la guitare Dobro (une Gretsch). Très vite pourtant, le collectif prend le relais. On céderait volontiers à la facilité en disant que ces Incandescentes embrasent un public qui n’attendait que cette étincelle.
Suit Que faire de ces émotions, un morceau vocal signé Alizée Planque.
Avec Feu, Pauline Alla met en musique ce qu’elle a ressenti face aux calamités de l’été 2026 dans son Sud-Ouest natal. Le morceau démarre de façon très free, puis la voix de Becky vient apaiser le propos, relayée par le piano d’Élodie. Les paroles sont tirées d’Une chambre à soi de Virginia Woolf.
Après, composé par Ophélie Dècle, commence par un solo de batterie aux mailloches. Le trio le reprend, puis laisse la place à un joli chorus d’Ophélie à la flûte alto. La voix de Becky vient enfin parachever cette belle composition.
Retour à l’univers d’Alizée Planque avec Broyer, sauver, soigner, parfumer, une chanson énigmatique : « je suis le remède, je suis le poison… »
Pour finir, Élodie Mamisou ouvre Phoenix au piano, ce qui est logique puisque c’est sa composition.
Ce jeune collectif nous aura offert un set original plein d’énergie et de belle vibrations. Nous avons apprécié la chaleur des échanges entre les musiciennes, la confiance qui s’est installée et les regards complices au service d’une musique personnelle.
Les musiciennes
- Élodie Mamisou : piano, voix
- Ophélie Dècle : flûte alto
- Becky Pendlebury : contrebasse, voix
- Valentine Guittard : batterie
- Pauline Alla : saxophones, chœurs
- Alizée Planque : flûte, voix
